Articles avec le tag ‘monétisation’
Facebook est profitable! mais…
Dans un billet posté le 15 septembre, Mark Zuckerberg annonce que Facebook devient rentable avec un Free Cash Flow positif au deuxième trimestre 2009. Ceci est évidemment une très bonne nouvelle pour Facebook qui parvient enfin à équilibrer son activité alors même que ses dépenses n’ont jamais été aussi importantes, la communauté regroupant maintenant 300 millions de membres. L’information a vite été relayée dans la presse notamment avec le Figaro d’aujourd’hui qui y consacre un article intéressant.
Niveau chiffre d’affaires, le quotidien français cite un des membres du board de Facebook, Marc Andreessen, qui annonce 500 millions de dollars pour 2009. Quelle est la performance de la société de Mark Zuckerberg par rapport à son ex-grand rival qu’est Myspace? Par rapport à des communautés spécialisées telles que TripAdvisor(la communauté des voyageurs)?
Les chiffres ci-dessus sont faciles à interpréter: le meilleur indicateur pour mesurer la capacité d’une communauté à tirer profit de son audience est le chiffre d’affaires généré par membre. Concrètement :Combien d’argent rapporte chaque membre inscrit sur le réseau.
En passant de Facebook (à gauche) à TripAdvisor (à droite), on passe d’une communauté généraliste à une communauté spécialisée.Le CA/membre n’est pas le même et ceci prouve bien qu’il est plus difficile pour une communauté généraliste de monétiser son audience tant les profils et besoins de ses membres sont variés et complexes à appréhender efficacement.
Facebook = David contre Go…ogle!

Wired juillet 2009
A ma gauche nous trouvons Google. Le leader mondial des moteurs de recherche avec plus de 65% de parts de marché. 20 000 personnes. 111 milliards de dollars de valorisation boursière (à ce jour). 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel en 2008. 4 milliards de résultat net.
A ma droite, Facebook, le réseau social créé en 2004. Si Facebook est un poids lourd de l’audience avec 250 millions de membres, il en est tout autre en matière financière: en 2008 le réseau social aurait réalisé un chiffre d’affaires de 275 millions de dollars et aurait en plus investi 75 millions de dollars pour au final être toujours déficitaire. 900 personnes.
Facebook contre Google c’est donc un match un peu paradoxal mais comparable à l’affrontement de David contre Goliath.
Paradoxal car a priori on serait tenté de croire que l’un et l’autre, jouant sur deux terrains très différents, moteur de recherche et réseau social, n’ont pas de raison particulière de s’en vouloir.
Pourtant, un article paru dans le Wired de juillet 2009 écrit par Fred Vogelstein intitulé « The great wall of Facebook » souligne la rivalité très forte qui anime Facebook et Google.
Par exemple, aux dires d’ un ancien ingénieur de Facebook, lorsqu’il s’agissait de concurrence, « personne chez Facebook ne parlait de Myspace ou des autres réseaux sociaux. On parlait seulement de Google« . Le leitmotiv était: « Tout ce que Google fait, nous pouvons le faire en mieux« .
Si Facebook a pour le moment de réels problèmes à monétiser son audience, il n’empêche que son succès auprès du public est incontestable: 4 milliards d’informations échangées, 850 millions de photos et 8 millions de vidéos uploadées chaque mois. Une ampleur telle qu’elle pousse Fred Vogelstein à qualifier Facebook de « second Internet, un Internet qui inclue les données les plus personnelles des utilisateurs et qui se trouve entièrement sur les serveurs de Facebook« .
Facebook est ainsi en train d’imposer un nouveau modèle d’organisation des données dans un monde jusque là dominé par Google. Car entre Facebook et Google c’est deux visions bien distinctes qui s’opposent.
D’un côté les « algorithmes de Google, des équations rigoureuses et efficaces qui analysent chaque octet d’activité enligne pour construire un atlas impartial du monde virtuel« .
De l’autre, un web « plus personnel, plus humain, où nos réseaux d’amis, de collègues, de proches, de membres de notre famille sont notre première source d’information, tel que cela existe dans le monde réel« .
La philosophie de Facebook est donc de favoriser le développement d’un web dominé par l’intuitu personae et cette dynamique ne se limite pas au réseau social en particulier. En effet, dans cette dimension personnelle, Facebook se conçoit plus comme un lieu d’ancrage des activités – même extérieures – de ses membre sur Internet. On comprend ainsi mieux ce qui a poussé la firme de Palo Alto à développer Facebook Connect et Open Stream.De cette façon, la communauté Facebook est injectée minutieusement partout sur Internet au delà des frontières propres de Facebook.com, de manière à référencer en son sein tous les relais extérieurs sur lesquels elle est implantée.
Certains tels que M.Vogelstein pourraient y reconnaitre une approche à la Google Adsense. De là à prédire une victoire de David contre Goliath? Pas si sûr d’après un directeur haut placé chez Google cité dans Wired: » si [Facebook] trouvait soudainement un moyen de monétiser son audience, il est certain que cela nous poserait un problème. Mais ce n’est pas prêt d’arriver. »
Au final il semble important de retenir de tout ceci que Facebook ne doit plus seulement être considéré comme un réseau social mais bien comme un nouveau média à part entière, véritable canal de communication qui fait du lien personnel le meilleur critère de recherche et de pertinence.
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P.S: Qu’est-ce que Wired? Wired est un mensuel américain qui traite des nouvelles technologies de façon large. C’est le magazine de référence en la matière. Incontournable et d’une qualité vraiment surprenante. C’est en lisant ce type de magazine que l’on comprend à quel point on a plus de moyens quand on a un marché intérieur de 300 millions de personnes.
Le futur des communautés en ligne: la spécialisation
J’ai eu la chance d’être interviewé par StreetReporters afin de parler de ma vision du futur des communautés et notamment de celui de Facebook.
A mon sens, le meilleur moyen permettant d’une part d’offrir des services pertinents aux membres d’une communauté et d’autre part de générer des revenus à même d’assurer le développement des plateformes d’échange est la spécialisation.
Si une communauté est spécialisée sur un besoin spécifique, alors ses développeurs peuvent prévoir quels services vont intéresser précisemment ses membres. Ceux-ci verront les offres qui leurs seront éventuellement proposées comme une aide et non pas comme une intrusion.