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A qui appartient Facebook?
Il n’y a pas à dire: le succès attise la convoitise!
Facebook.com, deuxième plus grosse audience Internet mondiale, premier réseau social avec depuis peu 500 millions de membres, oeuvre de l’étudiant d’Harvard Mark Zuckerberg, connaît une fois de plus la polémique quant aux circonstances de sa création. Le film de David Fincher, « The social network » (dont le sous-titre est « on ne se fait pas 500 millions d’amis sans se faire quelques ennemis ») qui sortira le 13 octobre 2010 en France, relate pour sa part (et visiblement de façon très sulfureuse vue la bande annonce) la création du site sur le campus d’Harvard
Dernièrement, c'est un dénommé Paul Ceglia qui cherche à s'en prendre au plus jeune milliardaire du monde.
D'après lui , et selon le contrat qu'il entend faire appliquer, Mark Zuckerberg lui aurait cédé 50% de Facebook pour 1000$ en 2003. Le contrat prévoit en plus une pénalité d'1% par jour de retard, ce qui signifierait qu'il aurait dû être en possession de 84% du capital de Facebook en 2004...
Assez surprenant! Et on imagine la pagaille juridico-financière si un tel contrat venait à être reconnu comme valide par la juridiction devant laquelle a été portée l'affaire de Paul Ceglia. Qu'en serait-il de toutes les actions créées et cédées depuis 2004? Pour mémoire Facebook a quand même levé 836 millions de dollars depuis cette date et Zuckerberg ne détient plus à l'heure actuelle que 24% du capital de sa société.

Le contrat dont se prévaut Paul Ceglia, qui est pour le moins ambigu sur plusieurs aspects, s'annonce toutefois relativement troublant vis à vis de l'histoire de la création de Facebook telle que Zuckerberg la raconte.
A commencer par la date à laquelle ce "contrat" a été établi, le 28 avril 2003. En effet, le nom de domaine thefacebook.com n'a été réservé par MZ que le 11 janvier 2004 et le site officiellement ouvert le 4 février 2004.
Le préambule du texte est explicite et pourrait poser, s'il était reconnu authentique, un vrai problème à la société de plus de 1400 personnes qu'est devenue aujourd'hui Facebook: "Le contrat établi entre le cédant [Mark Zuckerberg] et l'acquéreur [Paul Ceglia] est un contrat de vente et de prestation de services [...] visant à l'achat et à l'élaboration d'un site Internet dont le projet a déjà été initié par le cédant [Mark Zuckerberg] et dont l'objet est d'offrir aux étudiants de l'Université d'Harvard un accès à un site similaire à un trombinoscope interactif dont le nom d'exploitation est "The Face Book".Les parties conviennent que l'acquéreur [Paul Ceglia] détiendra 50% du programme, du code et des intérêts commerciaux découlant de la diffusion du service à une audience plus large".
Il semble légitime de se poser plusieurs questions. Tout d'abord concernant l'authenticité du contrat en lui-même.
Cet aspect évidemment fondamental est étudié par les tribunaux à l'heure actuelle. On pourrait également se demander pourquoi Paul Ceglia a attendu si longtemps pour faire valoir ses droits si droits il y a. 7 ans c'est beaucoup, et c'est justement ce que plaident les avocats de Facebook dans leurs conclusions du mois de juillet.
Et sur le fond du problème en lui même, on pourrait être surpris par le fait que Zuckerberg ait souhaité céder ses titres pour une somme aussi faible que 1000 $. Toujours est-il qu'il y a 7 ans, MZ n'avait que 19 ans, était un étudiant sans un sou et qu'il n'avait peut être pas la certitude qu'un jour son concept vaudrait plusieurs dizaines de milliards de dollars.
L'histoire de la création de Facebook n' en n'a donc pas fini de faire couler de l'encre. Mais on imagine mal que Paul Ceglia ne parvienne pas à obtenir une grosse somme d'argent, surtout lorsque l'on sait que des anciens camarades d'Harvard de Zuckerberg ont obtenu 64 millions de dollars sans même se justifier d'un acte écrit...
Donc la question demeure posée: A qui appartient Facebook?
La liberté d’expression est aussi sacrée sur Facebook!
C’est l’histoire de Katherine Evans, une lycéenne américaine modèle de 17 ans qui en 2007 en a eu marre de sa prof d’anglais et a décidé de se venger en créant un groupe sur Facebook intitulé « Madame Sarah Phelps est la prof la pire que j’ai jamais eue » . Ce groupe invitait les élèves à témoigner de leurs expériences vis à vis de ce professeur contesté.
A priori rien de bien surprenant ni de bien méchant, sauf que l’intéressée l’a très mal pris et en a informé le directeur de l’établissement qui a décidé d’exclure la petite Katherine pendant 3 jours, bien que l’objet (virtuel) du dommage ait été détruit.
Jugeant la sanction un peu rude, la lycéenne décida de se venger en attaquant son proviseur pour obtenir la radiation de cette expulsion de son dossier scolaire, allant même jusqu’à invoquer une violation du premier amendement de la Constitution Fédérale américaine, amendement qui garantit la liberté d’expression.
Un magistrat a estimé lundi que l’action était effectivement fondée et a ainsi admis que la liberté d’expression devait également être protégée sur les réseaux sociaux dont Facebook. De quoi rassurer les créateurs des groupes les plus populaires qui fleurissent tous les jours sur les réseaux sociaux!
Attendons maintenant le jugement pour voir en quels termes la cour saisie de l’affaire parviendra à qualifier les faits et à assurer le respect du premier amendement. Une décision qui s’avère très attendue pour définir l’avenir juridique des communications sur les réseaux sociaux.
Google Buzz, la nouvelle arme contre Facebook
Il y a quelques mois, nous avions eu l’occasion d’aborder la guerre sans merci à laquelle Google et Facebook se livrent. Si Facebook était à la base un simple réseau social d’étudiants, c’est aujourd’hui, après 6 ans d’une croissance inouïe, devenu un ecosystème quasi autonome de 400 millions d’utilisateurs. Facebook ne fait plus la guerre aux réseaux sociaux traditionnels (que l’on pense au vétéran MySpace en plein déclin ou même au jeune et dynamique Twitter) mais s’est bel et bien lancé à l’assaut du toujours plus puissant, et certainement de plus en plus contesté, « moteur de recherche » Google.
La vision mathématique de l’algorithme googleien se voit confrontée à une montée en puissance d’une recherche basée sur la personne, sur l’identité et sur les groupes sociaux portée par Facebook.
Car de plus en plus Facebook tente de marcher sur les plate bandes de Google en étendant sa toile hors de son réseau social stricto sensu. Il y a un peu plus d’un an c’était avec Facebook Connect (qui sera fonctionnel très prochainement sur Gullivearth.com) et aujourd’hui c’est avec la mise à disposition du chat Facebook sur d’autres réseaux (à commencer par le service de messagerie AIM d’AOL).
La volonté de Facebook (qui, ne l’oublions pas, a des liens capitalistiques et commerciaux avec Microsoft) de devenir un moteur de recherche personnel se manifeste jusque sur la nouvelle page d’accueil mise en place la semaine dernière et qui comporte en son centre une barre de recherche permettant de trouver des amis, des groupes et pages fan, mais également des résultats extérieurs à Facebook fournis par Bing de Microsoft (cf ci-dessus). Les récents propos du directeur des développeurs de Facebook vont tout à fait dans ce sens: « Nous n’aspirons pas seulement à être un site Web sur lequel les gens se connectent et partagent avec leurs amis, nous voulons être le support technologique utilisé pour se connecter avec ses amis où qu’ils soient sur Internet« .
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Face à ces assauts, Google, qui n’est pas sans ressources, vient de dévoiler hier sa nouvelle offensive visant à rajouter une dose de sociabilité à ses outils, avec Google Buzz. Buzz est une application qui se greffe sur les -excusez du peu- 176 millions (d’après ComScore) de comptes Gmail actifs et qui vous permet de partager des photos, des vidéos tout en diffusant vos mises à jour de statuts sur les principaux réseaux sociaux (Twitter, Picasa, Flickr, Google Reader) dont bien évidemment Facebook ne fait pas partie!
Relativement proche du très attendu Google Wave, qui permet la rédaction et le partage en live et en commun de textes ou de documents (Google Wave est encore en version test fermée, mais si vous souhaitez y accéder, envoyez nous un mail contact@gullivearth.com et nous vous donnerons des invitations), Google Buzz apparaitra dans votre barre de tâches Gmail d’ici la fin de la semaine, Google n’ayant visiblement activé qu’1% des comptes gmail depuis hier. 
Quel sera la succès de cette nouvelle application et Google parviendra-t-il à créer le buzz espéré? Cela semble plutôt bien parti car Buzz qui sera immédiatement diffusé partout dans le monde auprès d’utilisateurs déjà inscrits insère ses mises à jour directement dans la boîte de réception des emails. Google tente ainsi d’apporter une solution au problème du volume d’information provenant des réseaux sociaux, car d’après Bradley Horowitz, vice président du développement des produits chez Google, « les rivières de messages sont devenus des torrents« .
Buzz est donc développé dans le but de faciliter la recherche et de mieux structurer les messages et statuts variés à l’aide de son puissant algorithme, qui, jusqu’à ce jour, se concentrait principalement sur l’indexation des pages web. Une chose est sûre, l’affrontement entre Google et Facebook est loin d’être terminé.
Facebook est profitable! mais…
Dans un billet posté le 15 septembre, Mark Zuckerberg annonce que Facebook devient rentable avec un Free Cash Flow positif au deuxième trimestre 2009. Ceci est évidemment une très bonne nouvelle pour Facebook qui parvient enfin à équilibrer son activité alors même que ses dépenses n’ont jamais été aussi importantes, la communauté regroupant maintenant 300 millions de membres. L’information a vite été relayée dans la presse notamment avec le Figaro d’aujourd’hui qui y consacre un article intéressant.
Niveau chiffre d’affaires, le quotidien français cite un des membres du board de Facebook, Marc Andreessen, qui annonce 500 millions de dollars pour 2009. Quelle est la performance de la société de Mark Zuckerberg par rapport à son ex-grand rival qu’est Myspace? Par rapport à des communautés spécialisées telles que TripAdvisor(la communauté des voyageurs)?
Les chiffres ci-dessus sont faciles à interpréter: le meilleur indicateur pour mesurer la capacité d’une communauté à tirer profit de son audience est le chiffre d’affaires généré par membre. Concrètement :Combien d’argent rapporte chaque membre inscrit sur le réseau.
En passant de Facebook (à gauche) à TripAdvisor (à droite), on passe d’une communauté généraliste à une communauté spécialisée.Le CA/membre n’est pas le même et ceci prouve bien qu’il est plus difficile pour une communauté généraliste de monétiser son audience tant les profils et besoins de ses membres sont variés et complexes à appréhender efficacement.
Le choix d’un coloc’
Lors d’un échange universitaire à l’étranger, il est fréquent d’habiter dans une colocation d’étudiants. La question qui se pose alors est : comment choisir ses colocataires ? Si vous partez à plusieurs ou que vous rencontrez des personnes avec qui vous vous entendez bien sur place et qui recherchent également une colocation, le choix est aisé. Mais, si vous arrivez et n’avez que peu de contacts, le choix d’un colocataire est plus difficile. Alors, si vous rejoignez une colocation déjà formée et que vous ne savez comment vous décider sur votre choix de futurs colocataires, il est un outil simple et efficace pour vous renseigner sur leur caractère, leurs centres d’intérêts, leurs amis… Et cet outil miracle, eh bien il se trouve à la portée d’un simple clic, d’une simple connexion internet et d’un ordinateur… Vous êtes sûrement sur la voie… Cet outil, c’est bien sûr Facebook !
La première étape consiste à rajouter vos potentiels colocataires à votre liste d’amis Facebook. Puis, laissez-vous guider :
Etape 1 : la photo de profil
Le premier élément à analyser est la photo de profil de votre futur colocataire. Si la photo ne comporte que lui-même, sous son meilleur jour, la déduction est rapide à réaliser : attendez-vous à un colocataire sûr de lui, narcissique … et le plus souvent ne vous fiez pas à la photo, ce colocataire n’est pas forcément beau, mais sait se mettre en valeur grâce à des astuces très simples, ou bien il est juste photogénique. Ne vous laissez donc pas avoir par sa photo de profil, sûrement la meilleure photo de lui depuis des années qu’il ait à sa disposition. Mais ça, tout le monde le sait, et tout le monde le fait, sûrement vous d’ailleurs, et nous tous !
Si la photo de profil de votre potentiel colocataire montre celui-ci en compagnie de sa moitié, faites gaffe. Vous vous exposez à l’écouter parler de sa moitié à longueur de temps. En effet, celui-ci pensera que sa vie de couple vous intéresse, surtout si vous n’êtes pas en couple, ce sera pour lui une faveur qu’il vous fait, de vous faire vivre une romance par procuration, un peu comme dans un feuilleton télévisé (sauf que dans un feuilleton c’est beaucoup mieux !).
Si la photo de profil semble avoir été prise en soirée, une photo de groupe où les individus ne sont pas très à leur avantage mais semblent bien s’amuser, attendez-vous à de nombreuses « open coloc », des soirées déjantées sur votre lieu de vie. Alors si vous êtes fan de soirées et de cuites, foncez ! Vous pourrez alors peut-être tomber sur une coloc’ qui ressemble plus à ça qu’à un havre de paix (mais l’idée peut être très séduisante !) :
Etape 2 : Le wall
Le wall de votre potentiel colocataire est une mine d’informations.
En effet, vous pourrez d’abord jeter un coup d’œil sur son statut : si votre potentiel coloc’ passe son temps à poster des statuts depuis son téléphone portable, en décrivant son emploi du temps minute par minute, faites gaffe, il pourrait s’attendre que vous l’informiez aussi précisément sur le votre d’emploi du temps. Et ça, ce n’est pas du goût de tous…
Puis, regardez attentivement la nature des messages laissés sur son wall, et surtout la date. Si le dernier message sur son wall date de plus d’une semaine, posez-vous des questions sur la sociabilité de votre futur compagnon de vie. Si le dernier message date de plus d’un mois, laissez tomber, votre futur colocataire n’a aucune vie sociale, et ce n’est pas ici que vous rencontrerez du monde. Eh oui, c’est bien connu, un profil inactif sur Facebook est toujours le signe d’une vie sociale peu excitante…
Enfin, si le wall est bien fourni, vous pourrez obtenir de nombreuses informations sur la vie de votre potentiel colocataire : ses sorties, ses amis, la fréquence des sorties… Le wall est donc bien une mine d’or !
Etape 3 : les photos
Les photos, s’il y en a assez, confirment en général l’idée que vous vous faisiez de votre colocataire potentiel après avoir étudié son wall et sa photo de profil. En effet, les photos de votre coloc’ potentiel représentent la majeure partie de sa vie, la partie qu’il veut montrer au monde entier (ou seulement à plus de 200 amis au bas mot). Mais, l’information la plus cruciale, ce ne sont pas les photos elles-mêmes, mais leur nombre. Pour cela l’analyse est simple :
Moins de 300 photos, votre coloc’ potentiel est un marginal,
Entre 300 et 700 photos, ce n’est pas un grand fêtard mais au moins, il n’est pas marginal,
Entre 700 et 1000, celui-ci sort beaucoup, voyage et aime s’amuser. Il profite, tout simplement (ou bien, il est amoureux et ce ne sont que des photos de sa moitié…),
Plus de 1000 : votre coloc’ potentiel prend des photos partout, de tout et n’importe quoi, et attendez-vous à ce qu’il prenne des photos de vous tout le temps et dans toutes les situations. Si vous n’aimez pas vous afficher, abstenez-vous !
Ainsi, Facebook est vraiment un outil extraordinaire, qui vous permet de faire un choix de colocataire en quelques clics. Nous avons Gullivearth pour les lieux à visiter, nous avons Facebook pour les personnes à connaître !
Facebook = David contre Go…ogle!

Wired juillet 2009
A ma gauche nous trouvons Google. Le leader mondial des moteurs de recherche avec plus de 65% de parts de marché. 20 000 personnes. 111 milliards de dollars de valorisation boursière (à ce jour). 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel en 2008. 4 milliards de résultat net.
A ma droite, Facebook, le réseau social créé en 2004. Si Facebook est un poids lourd de l’audience avec 250 millions de membres, il en est tout autre en matière financière: en 2008 le réseau social aurait réalisé un chiffre d’affaires de 275 millions de dollars et aurait en plus investi 75 millions de dollars pour au final être toujours déficitaire. 900 personnes.
Facebook contre Google c’est donc un match un peu paradoxal mais comparable à l’affrontement de David contre Goliath.
Paradoxal car a priori on serait tenté de croire que l’un et l’autre, jouant sur deux terrains très différents, moteur de recherche et réseau social, n’ont pas de raison particulière de s’en vouloir.
Pourtant, un article paru dans le Wired de juillet 2009 écrit par Fred Vogelstein intitulé « The great wall of Facebook » souligne la rivalité très forte qui anime Facebook et Google.
Par exemple, aux dires d’ un ancien ingénieur de Facebook, lorsqu’il s’agissait de concurrence, « personne chez Facebook ne parlait de Myspace ou des autres réseaux sociaux. On parlait seulement de Google« . Le leitmotiv était: « Tout ce que Google fait, nous pouvons le faire en mieux« .
Si Facebook a pour le moment de réels problèmes à monétiser son audience, il n’empêche que son succès auprès du public est incontestable: 4 milliards d’informations échangées, 850 millions de photos et 8 millions de vidéos uploadées chaque mois. Une ampleur telle qu’elle pousse Fred Vogelstein à qualifier Facebook de « second Internet, un Internet qui inclue les données les plus personnelles des utilisateurs et qui se trouve entièrement sur les serveurs de Facebook« .
Facebook est ainsi en train d’imposer un nouveau modèle d’organisation des données dans un monde jusque là dominé par Google. Car entre Facebook et Google c’est deux visions bien distinctes qui s’opposent.
D’un côté les « algorithmes de Google, des équations rigoureuses et efficaces qui analysent chaque octet d’activité enligne pour construire un atlas impartial du monde virtuel« .
De l’autre, un web « plus personnel, plus humain, où nos réseaux d’amis, de collègues, de proches, de membres de notre famille sont notre première source d’information, tel que cela existe dans le monde réel« .
La philosophie de Facebook est donc de favoriser le développement d’un web dominé par l’intuitu personae et cette dynamique ne se limite pas au réseau social en particulier. En effet, dans cette dimension personnelle, Facebook se conçoit plus comme un lieu d’ancrage des activités – même extérieures – de ses membre sur Internet. On comprend ainsi mieux ce qui a poussé la firme de Palo Alto à développer Facebook Connect et Open Stream.De cette façon, la communauté Facebook est injectée minutieusement partout sur Internet au delà des frontières propres de Facebook.com, de manière à référencer en son sein tous les relais extérieurs sur lesquels elle est implantée.
Certains tels que M.Vogelstein pourraient y reconnaitre une approche à la Google Adsense. De là à prédire une victoire de David contre Goliath? Pas si sûr d’après un directeur haut placé chez Google cité dans Wired: » si [Facebook] trouvait soudainement un moyen de monétiser son audience, il est certain que cela nous poserait un problème. Mais ce n’est pas prêt d’arriver. »
Au final il semble important de retenir de tout ceci que Facebook ne doit plus seulement être considéré comme un réseau social mais bien comme un nouveau média à part entière, véritable canal de communication qui fait du lien personnel le meilleur critère de recherche et de pertinence.
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P.S: Qu’est-ce que Wired? Wired est un mensuel américain qui traite des nouvelles technologies de façon large. C’est le magazine de référence en la matière. Incontournable et d’une qualité vraiment surprenante. C’est en lisant ce type de magazine que l’on comprend à quel point on a plus de moyens quand on a un marché intérieur de 300 millions de personnes.
The Social Network – I’m CEO Bitch
« I’m CEO, bitch » (en français: « je suis PDG, salope ») c’est ce que Mark Zuckerberg avait fait inscrire sur ses cartes de visite au tout début de la création de Facebook.
C’est tout du moins ce qu’affirme Ben Mezrich dans son ouvrage controversé The accidental billionaires (The founding of Facebook, a tale of sex, money, genius and betrayal) paru en juillet dernier et que j’ai eu le plaisir de lire cet été pendant mes vacances.
Controversé, car Facebook et Mark Zuckerberg ont refusé de participer de près ou de loin à l’élaboration de ce que son auteur qualifie lui même de « Tale » soit conte. Pour se plonger dans The Accidental Billionaires il faut donc accepter l’idée que les faits relatés peuvent ne pas être tout à fait exacts ni même tout à fait sincères dans la mesure où les contributeurs de ce conte sont majoritairement des anciens étudiants d’Harvard qui en veulent à Zuckerberg.
Qu’en retenir donc?
Tout d’abord, il convient de relativiser sur l’aspect accidentel de la création de Facebook. En effet, Facebook c’est avant tout un génie qui à déjà 19 ans déclinait une offre de Microsoft de 2 millions de dollars après s’être fait remarquer pour avoir créé un programme appelé Synapse qui permettait de reconnaitre les goûts musicaux d’un auditeur et ensuite de créer des playlists sur mesure.
Un génie certes, mais un génie asocial, peu loquace, mal à l’aise, regardé avec méfiance par des étudiants d’un Harvard dominé par une élite fortunée, brillante socialement, intellectuellement et sportivement.
C’est dans ce cadre et à la fin d’une soirée où une fille lui aurait posé un lapin que Mark Zuckerberg aurait regagné sa chambre du campus, se consolant avec un pack de bière Beck’s, bien décidé à prendre sa revanche sur une gente féminine décidemment peu avenante à son égard. De cette déception est né Facemash, sorte de Hot or Not (canon ou pas canon) où Zuckerberg proposait à ses camarades d’Harvard d’établir un classement des filles les plus et les moins jolies. Alimenté par les facebooks (trombinoscopes) des différentes résidences du campus qu’il avait hackés (on notera au passage qu’au fur et à mesure de son travail, Zuck indiquait sur son blog en temps réel les différentes étapes de sa progression et décrivait toutes les sécurités qu’il parvenait à contourner; Ben Mezrich reprend donc ainsi des extraits des propres propos de Zuckerberg), Facemash attirera dans une premier temps beaucoup d’ennuis à Zuckerberg.
Mark n’avait en effet pas anticipé le succès de sa dernière trouvaille. Afin de tester Facemash, il envoya des liens à quelques amis. Quelle fut sa surprise lorsqu’il s’aperçut qu’en une vingtaine de minutes plus de 20 000 votes avaient déjà été comptabilisés. Facemash avait déjà fait le tour du campus et déchaîné les foudres des associations féministes et de l’administration d’Harvard.
C’est de façon surprenante cette gaffe monumentale qui faillit lui coûter sa place à Harvard qui lui permit de faire une rencontre charnière dans sa vie. En effet, ceux que l’on pourrait qualifier de stars du campus; les athlétiques et riches frères Winklevoss qui travaillaient sur HarvardConnect (qui deviendra plus tard ConnectU), un projet de réseau social Internet, étaient à la recherche d’un « geek » capable de faire progresser rapidement le développement de leur site. C’est tout naturellement qu’ils se sont rapprochés de ce hacker qui faisait les gros titres du journal d’Harvard, le Harvard Crimson. Pendant quelques semaines Zuckerberg et les deux frères travaillent ensemble. Mark se dit rapidement très occupé, manque plusieurs rendez-vous de travail. Jusqu’au jour où parait thefacebook (qui mentionne en bas de chaque page un fier « a Mark Zuckerberg production« ) un concept qui selon les frères Winklevoss rejoint de trop près HarvardConnect. Vexés, humiliés de s’être faits avoir par un quelqu’un qu’ils voyaient comme un petit geek asocial de première année sans allure, ils entament alors une série de poursuites qui jusqu’à ce jour n’est toujours pas terminée.
De son côté thefacebook séduit les étudiants d’Harvard qui s’y inscrivent de façon unanime. A la fin de l’année, thefacebook s’ouvre aux principales universités des USA. Zuckerberg commence à recruter puis décide de quitter là côte Est pour la Californie où il prend en location une maison dans laquelle lui et ses amis travaillent, font la fête et dorment quelquefois.
La suite est bien connue. Thefacebook devient Facebook et se propage à une vitesse surprenante. La vie de Zuckerberg et de ses amis est maintenant rythmée par la création du tag des photos, des newsfeed, par les levées de fonds qui permettent de recruter toujours plus de personnel. Les caps des 50 puis des 100 millions de membres sont franchis.
S’il est nécessaire de prendre une certaine distance vis à vis de The accidental billionnaires, on appréciera la description de la vie sur le campus d’Harvard. On y trouve des situations assez cocasses mais aussi une description surprenante-mais relayée par beaucoup d’autres sources- de la personnalité du « CEO », capable de passer des journées et des nuits entières sur son PC sans rien boire ni manger, ne répondant preque pas lorsqu’on lui parle et prêt à tout pour protéger son entreprise quitte à sacrifier ses amis.
Le procès des frères Winklevoss a finalement abouti en 2009 à une condamnation de Mark Zuckerberg à verser une somme proche de 65 millions de dollars en actions de la société Facebook Inc. aux fondateurs de ConnectU. Ce verdict peut paraître assez généreux et à vrai dire quand on voit ce que donne www.connectu.com on comprend à quel point Facebook est une réussite!
Lire la critique du New York Times.
The Accidental Billionaires (The founding of Facebook, a tale of sex, money, genius and betrayal), Ben Mezrich, Doubleday, 2009.
Version française: La revanche d’un solitaire – La véritable histoire du fondateur de Facebook , traduction de Lucie Delplanque, Max Milo, 2010.
The Social Network, David Fincher, 2010
Le futur des communautés en ligne: la spécialisation
J’ai eu la chance d’être interviewé par StreetReporters afin de parler de ma vision du futur des communautés et notamment de celui de Facebook.
A mon sens, le meilleur moyen permettant d’une part d’offrir des services pertinents aux membres d’une communauté et d’autre part de générer des revenus à même d’assurer le développement des plateformes d’échange est la spécialisation.
Si une communauté est spécialisée sur un besoin spécifique, alors ses développeurs peuvent prévoir quels services vont intéresser précisemment ses membres. Ceux-ci verront les offres qui leurs seront éventuellement proposées comme une aide et non pas comme une intrusion.