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Où en seraient les échanges étudiants en Europe sans Erasmus ?
Le programme européen d’échange Erasmus a atteint son 2 millionième participant en 2009. A cette occasion, un bilan très positif de ce programme d’échange est dressé par la Commission Européenne dans son article intitulé « Où en serait l’éducation supérieure en Europe sans le programme Erasmus ?». La réponse est que ce programme a fortement encouragé les échanges universitaires en Europe. En effet, Erasmus est une grande opportunité de découvertes et d’ouverture pour les étudiants européens. Il a permis une vraie mobilité étudiante en sur le territoire.

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Ce programme d’échange est également à l’origine de la standardisation des systèmes de notations dans l’éducation supérieure en Europe, avec la mise en place des crédits ECTS, qui permettent une meilleure compréhension des parcours à l’échelle internationale. Le programme Erasmus joue donc aussi un rôle sur la scène politique.
A l’occasion du 2 millionième étudiant Erasmus cette année, la Commission Européenne a choisi 31 étudiants européens de 31 pays différents pour témoigner des bienfaits du programme Erasmus. Ces étudiants ont été invités à une conférence les 5 et 6 octobre en Suède afin de donner leur opinion sur la façon d’améliorer le programme Erasmus. La Commission Européenne a d’ailleurs une nouvelle fois exprimé son leitmotiv concernant l’éducation supérieure en Europe: « Etudier à l’étranger devrait être la règle plutôt que l’exception pour les jeunes européens. »
Lors de la conférence, il a été rappelé que le programme Erasmus, crée en 1987, permet à plus de 180 000 jeunes européens chaque année d’aller étudier à l’étranger pour une période déterminée.
De plus, depuis sa création, le programme Erasmus a également permis à 200 000 professeurs d’université d’enseigner à l’étranger.
La célébration du 2 millionième étudiant Erasmus a donné lieu à des témoignages écrits et 4 vidéos des 31 étudiants choisis pour représenter le programme lors de la conférence. Vous pouvez visionner ces témoignages ici .
Ainsi, le programme Erasmus, couvert d’éloges par la Commission Européenne, est en très bonne voie. Cependant, rappelons que seulement 3,5% des étudiants français sont concernés par ce programme chaque année, et que les étudiants concernés font souvent partie des classes aisées, déjà enclines aux échanges à l’étranger. Le programme Erasmus semble donc avoir encore quelques défis à relever, malgré un succès certain.
Dix fois plus d’étudiants Erasmus d’ici 2020 !
Le 8 juillet dernier, la commission des communautés Européennes a publié un Livre Vert intitulé « Promouvoir la mobilité des jeunes à des fins d’apprentissage ». Ce Livre Vert destiné à recueillir des recommandations afin de faciliter les échanges des jeunes au sein de l’Union Européenne fait suite au rapport du Forum d’experts de haut niveau sur la mobilité intitulé « Faire de la mobilité pour l’apprentissage une opportunité pour tous ». Ce rapport fixe plusieurs objectifs qui vont permettre d’accroître considérablement les échanges étudiants en Europe.

Romain Duris dans l'Auberge Espagnole.
Rappelons tout d’abord que pour l’heure et même si l’image de l’étudiant Erasmus est devenue très populaire et connue du plus grand nombre – notamment grâce au film de Cédric Klapisch, l’Auberge Espagnole sorti en 2002- ce sont seulement de 200 à 300 000 étudiants qui chaque année quittent leur pays pour étudier dans un autre pays de l’UE. Cela correspond à 10% des flux mondiaux totaux actuels (en 2008, 2.9 millions d’étudiants partout dans le monde ont tenté l’expérience des études à l’étranger, selon l’Institute of International Education).
L’objectif à long terme fixé par le rapport est de faire de « la mobilité pour l’apprentissage la règle plutôt que l’exception, comme c’est le cas aujourd’hui ». Ceci passe par des objectifs chiffrés : de 300 000 jeunes participants en 2008 à 900 000 en 2012, à 1 800 000 en 2015 et 2 900 000 en 2020, soit dix fois plus qu’actuellement !
Comment assurer un tel accroissement des échanges en une douzaine d’années ? Le premier frein identifié est lié aux procédures que l’UE souhaite ainsi simplifier en renforçant l’implication des structures éducatives, des acteurs commerciaux et des autorités régionales et locales.
D’autre part, le rapport identifie des actions prioritaires venant servir les « objectifs ambitieux » ainsi définis. On peut notamment citer le développement des réseaux d’universités afin de « promouvoir et benchmarker un choix large entre les différents programmes d’échanges des universités ». Est également recommandé le développement des réseaux d’anciens Erasmus et réseaux d’étudiants.
L’accent est également mis sur les opportunités liées aux échanges virtuels qui permettent une bonne préparation de son départ, il conviendrait donc d’assurer « la promotion de plateformes virtuelles permettant à toutes les écoles d’être connectées entre elles».
La préparation du départ des étudiants constitue le point clef de la réussite d’un échange selon le Livre Vert qui indique qu’
« une bonne préparation est indispensable à la réussite de l’expérience de mobilité des apprenants, et elle doit être au cœur de tout projet ou programme […] Les jeunes doivent pouvoir accéder aux informations sur les options envisageables, connaitre les dispositifs de financement et bénéficier de conseils pour orienter leur choix et répondre aux questions d’ordre pratique«
Toutefois sont pointées du doigt les faiblesses actuelles :
« Malgré l’utilité des initiatives d’information actuelles, il apparaît clairement que les outils ou programmes existants restent mal connus et qu’il n’existe pas de vision globale des possibilités en matière de mobilité des jeunes et des aides y afférentes. Il convient d’améliorer l’actualisation de l’information et d’en faciliter l’accès »
Gullivearth est tout entier dévoué à cette cause !
Les nouvelles ambitions des étudiants internationaux.
Selon l’article des « Echos » du 2 mars 2009 intitulé Erasmus : moins d’étudiants, plus de stagiaires on assisterait en 2007 d’une part à une faible diminution du nombre d’étudiants participant aux accords d’échanges universitaires européens avec un recul de 1,85 % du nombre de français partant à l’étranger et d’autre part à une forte croissance (+25% sur un an) du nombre de français se rendant à l’étranger pour effectuer un stage.
Ces chiffres doivent toutefois être nuancés. D’abord les français-stagiaires internationaux de 2007 ne représentent que 3 389 étudiants contre 22 556 pour ce qui est des étudiants suivant un cursus universitaire d’échange européen. Le recours au stage est en croissance, mais dans des proportions limitées.
Afin d’y voir plus clair, il convient en premier lieu de préciser le contexte organisationnel de la mobilité étudiante. Il existe deux types d’étudiants internationaux: les courageux, bénéficiant de l’organisation d’un programme d’échange bilatéral entre universités (type Erasmus en Europe) et les quasi-héroïques qui se lancent dans leur échange international sans le moindre encadrement. Pour donner une idée des proportions, Erasmus c’est moins de 160 000 étudiants au niveau européen par an contre 2,9 millions d’étudiants internationaux au niveau mondial (sources : Commission Européenne et Institute of International Education).
Sortir du cadre européen Erasmus est ainsi indispensable pour bien comprendre la dynamique de la mobilité internationale des étudiants. Loin d’assister à un déclin de cette dernière, on constate au contraire une forte croissance de 7,5% du nombre d’étudiants internationaux partant faire leurs études à l’étranger dans le monde entre 2007 et 2008. Cette croissance constante depuis une vingtaine d’années ne fait que souligner le besoin d’encadrement grandissant d’étudiants d’origines encore plus variées, se rendant dans des destinations toujours plus exotiques et dans un but qui ne se limite plus exclusivement au cursus universitaire. Cette complexification de la mobilité internationale se traduit notamment par le fait que la dynamique d’échanges intra-européens traditionnels entame une phase de relative stagnation.