Archive pour la catégorie ‘Web & Business’
A qui appartient Facebook?
Il n’y a pas à dire: le succès attise la convoitise!
Facebook.com, deuxième plus grosse audience Internet mondiale, premier réseau social avec depuis peu 500 millions de membres, oeuvre de l’étudiant d’Harvard Mark Zuckerberg, connaît une fois de plus la polémique quant aux circonstances de sa création. Le film de David Fincher, « The social network » (dont le sous-titre est « on ne se fait pas 500 millions d’amis sans se faire quelques ennemis ») qui sortira le 13 octobre 2010 en France, relate pour sa part (et visiblement de façon très sulfureuse vue la bande annonce) la création du site sur le campus d’Harvard
Dernièrement, c'est un dénommé Paul Ceglia qui cherche à s'en prendre au plus jeune milliardaire du monde.
D'après lui , et selon le contrat qu'il entend faire appliquer, Mark Zuckerberg lui aurait cédé 50% de Facebook pour 1000$ en 2003. Le contrat prévoit en plus une pénalité d'1% par jour de retard, ce qui signifierait qu'il aurait dû être en possession de 84% du capital de Facebook en 2004...
Assez surprenant! Et on imagine la pagaille juridico-financière si un tel contrat venait à être reconnu comme valide par la juridiction devant laquelle a été portée l'affaire de Paul Ceglia. Qu'en serait-il de toutes les actions créées et cédées depuis 2004? Pour mémoire Facebook a quand même levé 836 millions de dollars depuis cette date et Zuckerberg ne détient plus à l'heure actuelle que 24% du capital de sa société.

Le contrat dont se prévaut Paul Ceglia, qui est pour le moins ambigu sur plusieurs aspects, s'annonce toutefois relativement troublant vis à vis de l'histoire de la création de Facebook telle que Zuckerberg la raconte.
A commencer par la date à laquelle ce "contrat" a été établi, le 28 avril 2003. En effet, le nom de domaine thefacebook.com n'a été réservé par MZ que le 11 janvier 2004 et le site officiellement ouvert le 4 février 2004.
Le préambule du texte est explicite et pourrait poser, s'il était reconnu authentique, un vrai problème à la société de plus de 1400 personnes qu'est devenue aujourd'hui Facebook: "Le contrat établi entre le cédant [Mark Zuckerberg] et l'acquéreur [Paul Ceglia] est un contrat de vente et de prestation de services [...] visant à l'achat et à l'élaboration d'un site Internet dont le projet a déjà été initié par le cédant [Mark Zuckerberg] et dont l'objet est d'offrir aux étudiants de l'Université d'Harvard un accès à un site similaire à un trombinoscope interactif dont le nom d'exploitation est "The Face Book".Les parties conviennent que l'acquéreur [Paul Ceglia] détiendra 50% du programme, du code et des intérêts commerciaux découlant de la diffusion du service à une audience plus large".
Il semble légitime de se poser plusieurs questions. Tout d'abord concernant l'authenticité du contrat en lui-même.
Cet aspect évidemment fondamental est étudié par les tribunaux à l'heure actuelle. On pourrait également se demander pourquoi Paul Ceglia a attendu si longtemps pour faire valoir ses droits si droits il y a. 7 ans c'est beaucoup, et c'est justement ce que plaident les avocats de Facebook dans leurs conclusions du mois de juillet.
Et sur le fond du problème en lui même, on pourrait être surpris par le fait que Zuckerberg ait souhaité céder ses titres pour une somme aussi faible que 1000 $. Toujours est-il qu'il y a 7 ans, MZ n'avait que 19 ans, était un étudiant sans un sou et qu'il n'avait peut être pas la certitude qu'un jour son concept vaudrait plusieurs dizaines de milliards de dollars.
L'histoire de la création de Facebook n' en n'a donc pas fini de faire couler de l'encre. Mais on imagine mal que Paul Ceglia ne parvienne pas à obtenir une grosse somme d'argent, surtout lorsque l'on sait que des anciens camarades d'Harvard de Zuckerberg ont obtenu 64 millions de dollars sans même se justifier d'un acte écrit...
Donc la question demeure posée: A qui appartient Facebook?
La liberté d’expression est aussi sacrée sur Facebook!
C’est l’histoire de Katherine Evans, une lycéenne américaine modèle de 17 ans qui en 2007 en a eu marre de sa prof d’anglais et a décidé de se venger en créant un groupe sur Facebook intitulé « Madame Sarah Phelps est la prof la pire que j’ai jamais eue » . Ce groupe invitait les élèves à témoigner de leurs expériences vis à vis de ce professeur contesté.
A priori rien de bien surprenant ni de bien méchant, sauf que l’intéressée l’a très mal pris et en a informé le directeur de l’établissement qui a décidé d’exclure la petite Katherine pendant 3 jours, bien que l’objet (virtuel) du dommage ait été détruit.
Jugeant la sanction un peu rude, la lycéenne décida de se venger en attaquant son proviseur pour obtenir la radiation de cette expulsion de son dossier scolaire, allant même jusqu’à invoquer une violation du premier amendement de la Constitution Fédérale américaine, amendement qui garantit la liberté d’expression.
Un magistrat a estimé lundi que l’action était effectivement fondée et a ainsi admis que la liberté d’expression devait également être protégée sur les réseaux sociaux dont Facebook. De quoi rassurer les créateurs des groupes les plus populaires qui fleurissent tous les jours sur les réseaux sociaux!
Attendons maintenant le jugement pour voir en quels termes la cour saisie de l’affaire parviendra à qualifier les faits et à assurer le respect du premier amendement. Une décision qui s’avère très attendue pour définir l’avenir juridique des communications sur les réseaux sociaux.
Google Buzz, la nouvelle arme contre Facebook
Il y a quelques mois, nous avions eu l’occasion d’aborder la guerre sans merci à laquelle Google et Facebook se livrent. Si Facebook était à la base un simple réseau social d’étudiants, c’est aujourd’hui, après 6 ans d’une croissance inouïe, devenu un ecosystème quasi autonome de 400 millions d’utilisateurs. Facebook ne fait plus la guerre aux réseaux sociaux traditionnels (que l’on pense au vétéran MySpace en plein déclin ou même au jeune et dynamique Twitter) mais s’est bel et bien lancé à l’assaut du toujours plus puissant, et certainement de plus en plus contesté, « moteur de recherche » Google.
La vision mathématique de l’algorithme googleien se voit confrontée à une montée en puissance d’une recherche basée sur la personne, sur l’identité et sur les groupes sociaux portée par Facebook.
Car de plus en plus Facebook tente de marcher sur les plate bandes de Google en étendant sa toile hors de son réseau social stricto sensu. Il y a un peu plus d’un an c’était avec Facebook Connect (qui sera fonctionnel très prochainement sur Gullivearth.com) et aujourd’hui c’est avec la mise à disposition du chat Facebook sur d’autres réseaux (à commencer par le service de messagerie AIM d’AOL).
La volonté de Facebook (qui, ne l’oublions pas, a des liens capitalistiques et commerciaux avec Microsoft) de devenir un moteur de recherche personnel se manifeste jusque sur la nouvelle page d’accueil mise en place la semaine dernière et qui comporte en son centre une barre de recherche permettant de trouver des amis, des groupes et pages fan, mais également des résultats extérieurs à Facebook fournis par Bing de Microsoft (cf ci-dessus). Les récents propos du directeur des développeurs de Facebook vont tout à fait dans ce sens: « Nous n’aspirons pas seulement à être un site Web sur lequel les gens se connectent et partagent avec leurs amis, nous voulons être le support technologique utilisé pour se connecter avec ses amis où qu’ils soient sur Internet« .
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Face à ces assauts, Google, qui n’est pas sans ressources, vient de dévoiler hier sa nouvelle offensive visant à rajouter une dose de sociabilité à ses outils, avec Google Buzz. Buzz est une application qui se greffe sur les -excusez du peu- 176 millions (d’après ComScore) de comptes Gmail actifs et qui vous permet de partager des photos, des vidéos tout en diffusant vos mises à jour de statuts sur les principaux réseaux sociaux (Twitter, Picasa, Flickr, Google Reader) dont bien évidemment Facebook ne fait pas partie!
Relativement proche du très attendu Google Wave, qui permet la rédaction et le partage en live et en commun de textes ou de documents (Google Wave est encore en version test fermée, mais si vous souhaitez y accéder, envoyez nous un mail contact@gullivearth.com et nous vous donnerons des invitations), Google Buzz apparaitra dans votre barre de tâches Gmail d’ici la fin de la semaine, Google n’ayant visiblement activé qu’1% des comptes gmail depuis hier. 
Quel sera la succès de cette nouvelle application et Google parviendra-t-il à créer le buzz espéré? Cela semble plutôt bien parti car Buzz qui sera immédiatement diffusé partout dans le monde auprès d’utilisateurs déjà inscrits insère ses mises à jour directement dans la boîte de réception des emails. Google tente ainsi d’apporter une solution au problème du volume d’information provenant des réseaux sociaux, car d’après Bradley Horowitz, vice président du développement des produits chez Google, « les rivières de messages sont devenus des torrents« .
Buzz est donc développé dans le but de faciliter la recherche et de mieux structurer les messages et statuts variés à l’aide de son puissant algorithme, qui, jusqu’à ce jour, se concentrait principalement sur l’indexation des pages web. Une chose est sûre, l’affrontement entre Google et Facebook est loin d’être terminé.
Ce que veulent les étudiants internationaux
Le récent classement Universum des 50 employeurs qui font rêver les étudiants internationaux en 2009 donne lieu a peu de surprises. En effet, quelles entreprises, selon vous, font le plus rêver les étudiants du monde entier ? La réponse paraît évidente: les entreprises qui les feront voyager, qui leur ouvriront le plus de perspectives à l’international. Il est donc logique que les étudiants internationaux soient attirés par les multinationales.
Ces multinationales font d’autant plus rêver les étudiants en temps de crise. En effet, les multinationales sont les entreprises qui résistent en général le mieux aux soubresauts de l’économie, grâce à leur taille critique.
Un troisième argument est celui du réseau mondial de contacts que peut aider à créer une multinationale. Les jeunes étudiants fraîchement sortis d’écoles de commerce ou d’ingénieurs aspirent à se construire un réseau, si possible mondial, qui leur servira pendant toute leur carrière. Et la puissance de ce réseau de relations ne peut être sous-estimé.

Cette étude révèle l’attrait des étudiants internationaux pour les entreprises du monde informatique, et surtout l’attrait que représentent toujours les grandes entreprises du monde de la finance ! En temps de crise financière et de remise en question du monde de la finance, on aurait pu s’attendre à un léger désamour, mais ce n’est pas le cas !
Ainsi, l’entreprise qui attire le plus les étudiants internationaux est Google, le moteur de recherche qui a conquis le monde. Google est suivi de près par Microsoft, entreprise internationale par excellence et géant de l’informatique. Puis, dans le top 10 apparaissent de nombreuses entreprises du monde de la finance: PWC, Goldman Sachs, PriceWaterHouseCoopers, Procter & Gamble, Deloitte…
Ainsi, les étudiants internationaux qui feront le monde de demain semblent avoir choisi leur camp: les multinationales. Mais qui oserait les juger ? Refuseriez-vous un emploi dans une maltinationale, qui sera la plus à même de vous apporter succès professionel, réseau, richesse et CV bien rempli ?
Voir le classement ici.

MCE: Ma Chaine Etudiante
Ce soir aura lieu l’ouverture de la première chaine télévisée dédiée au étudiants.
Les étudiants l’auront bien remarqué, les émissions proposées à la télévision sont rarement adaptées à leurs goûts. En effet, pour la plupart des chaines de télévision, les étudiants ne sont pas une cible à privilégier car ceux-ci délaissent la télé au profit d’internet de plus en plus tôt. Alors, le cercle vicieux s’est installé: les étudiants délaissent la télé et la télé délaisse les étudiants.

C’est pourquoi, l’idée est venue à l’esprit des étudiants de créer une chaine étudiante, adaptée à leurs préoccupations et à leurs nouveaux modes de vie. Eh oui, la chaine étudiante est bien sûr disponible sur internet et les émissions peuvent être visionnées à la carte selon vos envies. Cette chaine est disponible avec toutes les box ADSL.
Bien sûr, la chaine n’est pas encore ouverte et l’on ne peut pas encore juger de son intérêt, mais le programme parait alléchant.
Sur Ma Chaine Etudiante, on pourra visionner des reportages, des débats sur des thèmes d’actualité ou des thèmes purement étudiants. Des invités, tels qu’Omar et Fred ou des personnages de la scène économique seront présents.
Une émission quotidienne sera consacrée à la vie pratique des étudiants. En outre, de nouvelles séries TV sont au programme, tels que « Da Vinci’s City hall » ou « Le comte de Monte Cristo », un manga. Tous les jours, il ya aura également un JT des blogs, qui recense les blogs qui font du buzz et les blogs les plus originaux. Enfin, chaque mois, vous pourrez profiter du concert d’un groupe étudiant inconnu.
Vous l’aurez compris, Ma Chaine Etudiante reprend la plupart des concepts qui intéressent les jeunes: les blogs, la découverte de nouveaux talents comme sur MySpace, les séries télé et les bons plans.
Le concept semble fun et intéressant, ne reste plus qu’à tester dès demain et à juger par vous-même.
Dix fois plus d’étudiants Erasmus d’ici 2020 !
Le 8 juillet dernier, la commission des communautés Européennes a publié un Livre Vert intitulé « Promouvoir la mobilité des jeunes à des fins d’apprentissage ». Ce Livre Vert destiné à recueillir des recommandations afin de faciliter les échanges des jeunes au sein de l’Union Européenne fait suite au rapport du Forum d’experts de haut niveau sur la mobilité intitulé « Faire de la mobilité pour l’apprentissage une opportunité pour tous ». Ce rapport fixe plusieurs objectifs qui vont permettre d’accroître considérablement les échanges étudiants en Europe.

Romain Duris dans l'Auberge Espagnole.
Rappelons tout d’abord que pour l’heure et même si l’image de l’étudiant Erasmus est devenue très populaire et connue du plus grand nombre – notamment grâce au film de Cédric Klapisch, l’Auberge Espagnole sorti en 2002- ce sont seulement de 200 à 300 000 étudiants qui chaque année quittent leur pays pour étudier dans un autre pays de l’UE. Cela correspond à 10% des flux mondiaux totaux actuels (en 2008, 2.9 millions d’étudiants partout dans le monde ont tenté l’expérience des études à l’étranger, selon l’Institute of International Education).
L’objectif à long terme fixé par le rapport est de faire de « la mobilité pour l’apprentissage la règle plutôt que l’exception, comme c’est le cas aujourd’hui ». Ceci passe par des objectifs chiffrés : de 300 000 jeunes participants en 2008 à 900 000 en 2012, à 1 800 000 en 2015 et 2 900 000 en 2020, soit dix fois plus qu’actuellement !
Comment assurer un tel accroissement des échanges en une douzaine d’années ? Le premier frein identifié est lié aux procédures que l’UE souhaite ainsi simplifier en renforçant l’implication des structures éducatives, des acteurs commerciaux et des autorités régionales et locales.
D’autre part, le rapport identifie des actions prioritaires venant servir les « objectifs ambitieux » ainsi définis. On peut notamment citer le développement des réseaux d’universités afin de « promouvoir et benchmarker un choix large entre les différents programmes d’échanges des universités ». Est également recommandé le développement des réseaux d’anciens Erasmus et réseaux d’étudiants.
L’accent est également mis sur les opportunités liées aux échanges virtuels qui permettent une bonne préparation de son départ, il conviendrait donc d’assurer « la promotion de plateformes virtuelles permettant à toutes les écoles d’être connectées entre elles».
La préparation du départ des étudiants constitue le point clef de la réussite d’un échange selon le Livre Vert qui indique qu’
« une bonne préparation est indispensable à la réussite de l’expérience de mobilité des apprenants, et elle doit être au cœur de tout projet ou programme […] Les jeunes doivent pouvoir accéder aux informations sur les options envisageables, connaitre les dispositifs de financement et bénéficier de conseils pour orienter leur choix et répondre aux questions d’ordre pratique«
Toutefois sont pointées du doigt les faiblesses actuelles :
« Malgré l’utilité des initiatives d’information actuelles, il apparaît clairement que les outils ou programmes existants restent mal connus et qu’il n’existe pas de vision globale des possibilités en matière de mobilité des jeunes et des aides y afférentes. Il convient d’améliorer l’actualisation de l’information et d’en faciliter l’accès »
Gullivearth est tout entier dévoué à cette cause !
Facebook est profitable! mais…
Dans un billet posté le 15 septembre, Mark Zuckerberg annonce que Facebook devient rentable avec un Free Cash Flow positif au deuxième trimestre 2009. Ceci est évidemment une très bonne nouvelle pour Facebook qui parvient enfin à équilibrer son activité alors même que ses dépenses n’ont jamais été aussi importantes, la communauté regroupant maintenant 300 millions de membres. L’information a vite été relayée dans la presse notamment avec le Figaro d’aujourd’hui qui y consacre un article intéressant.
Niveau chiffre d’affaires, le quotidien français cite un des membres du board de Facebook, Marc Andreessen, qui annonce 500 millions de dollars pour 2009. Quelle est la performance de la société de Mark Zuckerberg par rapport à son ex-grand rival qu’est Myspace? Par rapport à des communautés spécialisées telles que TripAdvisor(la communauté des voyageurs)?
Les chiffres ci-dessus sont faciles à interpréter: le meilleur indicateur pour mesurer la capacité d’une communauté à tirer profit de son audience est le chiffre d’affaires généré par membre. Concrètement :Combien d’argent rapporte chaque membre inscrit sur le réseau.
En passant de Facebook (à gauche) à TripAdvisor (à droite), on passe d’une communauté généraliste à une communauté spécialisée.Le CA/membre n’est pas le même et ceci prouve bien qu’il est plus difficile pour une communauté généraliste de monétiser son audience tant les profils et besoins de ses membres sont variés et complexes à appréhender efficacement.
La France et le numérique.
J’ai assisté hier au colloque « Numérique: investir aujourd’hui pour la croissance de demain » organisé par la secrétaire d’Etat chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet. L’objectif affiché de ce séminaire était de réfléchir,aux côtés de spécialistes, aux priorités nationales du développement du numérique en France et ceci autour de trois axes principaux:
1) Infrastructures et réseaux: assurer le développement de l’ensemble du territoire grâce aux réseaux et services numériques.
2)Logiciels et services: renforcer la compétitivité des entreprises françaises.
3)Partimoine et industries culturelles: valoriser les contenus et les rendre accessibles au plus grand nombre grâce au numérique.
Les 5 heures de débats sont apparues assez surprenantes tant chacun des ministres présents semblait principalement motivé par la perspective d’obtenir des fonds du grand emprunt national pour son budget. En effet Michel Rocard et Alain Juppé qui président la Commission chargée d’identifier les priorités de l’emprunt national assistaient à l’évènement et se sont dits conscients du besoin d’investissement en la matière. Une opération séduction un peu surfaite dans la mesure où, comme l’a rappelé François Fillon lors de son discours de clôture, c’est bien évidemment le chef du gouvernement lui même qui « décidera en dernier ressort » de l’affectation des fonds du grand emprunt.
Pour le gouvernement la priorité est donc la couverture de la France en réseau très haut débit, avec un budget blogal de 30 à 40 milliards d’euros et dont les modalités de financement ne sont pas encore très précises.

Frédéric Mitterrand, Michel Mercier, Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Novelli et François Fillon.
Sur le plan de l’entrepreneuriat et du développement des start-up françaises, le débat s’articulait principalement autour des raisons du succès américain et de la faiblesse de l’Europe en la matière. On notera l’intervention assez éloquente de Marc Simoncini, PDG fondateur de Meetic.com qui a comparé le développement de sa société à celui de son rival Match.com. Selon lui Match et Meetic sont ex-aequo avec 1 million d’adhérents.
Pourtant pour parvenir à un tel résultat, Meetic a dû développer 16 sites en Europe, dans 13 langues et a été confronté à 6 devises différentes. De son côté, Match avait un seul et unique site qui se satisfaisait du marché américain. Simoncini considère métaphoriquement que pendant qu’il courait son 110 mètres haies, Match n’était confronté qu’à un 110 mètre plat. Pour toutes ces raisons il affirme haut et fort que si cela était à refaire il s’implanterait d’abord aux USA. Face à cette déclaration, j’ai trouvé les intervenants un peu résignés, préférant changer de sujet rapidement. François Fillon a toutefois déclaré espérer qu’un jour une entreprise numérique française parvienne au même succès que Google. Quelle ambition!
Facebook = David contre Go…ogle!

Wired juillet 2009
A ma gauche nous trouvons Google. Le leader mondial des moteurs de recherche avec plus de 65% de parts de marché. 20 000 personnes. 111 milliards de dollars de valorisation boursière (à ce jour). 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel en 2008. 4 milliards de résultat net.
A ma droite, Facebook, le réseau social créé en 2004. Si Facebook est un poids lourd de l’audience avec 250 millions de membres, il en est tout autre en matière financière: en 2008 le réseau social aurait réalisé un chiffre d’affaires de 275 millions de dollars et aurait en plus investi 75 millions de dollars pour au final être toujours déficitaire. 900 personnes.
Facebook contre Google c’est donc un match un peu paradoxal mais comparable à l’affrontement de David contre Goliath.
Paradoxal car a priori on serait tenté de croire que l’un et l’autre, jouant sur deux terrains très différents, moteur de recherche et réseau social, n’ont pas de raison particulière de s’en vouloir.
Pourtant, un article paru dans le Wired de juillet 2009 écrit par Fred Vogelstein intitulé « The great wall of Facebook » souligne la rivalité très forte qui anime Facebook et Google.
Par exemple, aux dires d’ un ancien ingénieur de Facebook, lorsqu’il s’agissait de concurrence, « personne chez Facebook ne parlait de Myspace ou des autres réseaux sociaux. On parlait seulement de Google« . Le leitmotiv était: « Tout ce que Google fait, nous pouvons le faire en mieux« .
Si Facebook a pour le moment de réels problèmes à monétiser son audience, il n’empêche que son succès auprès du public est incontestable: 4 milliards d’informations échangées, 850 millions de photos et 8 millions de vidéos uploadées chaque mois. Une ampleur telle qu’elle pousse Fred Vogelstein à qualifier Facebook de « second Internet, un Internet qui inclue les données les plus personnelles des utilisateurs et qui se trouve entièrement sur les serveurs de Facebook« .
Facebook est ainsi en train d’imposer un nouveau modèle d’organisation des données dans un monde jusque là dominé par Google. Car entre Facebook et Google c’est deux visions bien distinctes qui s’opposent.
D’un côté les « algorithmes de Google, des équations rigoureuses et efficaces qui analysent chaque octet d’activité enligne pour construire un atlas impartial du monde virtuel« .
De l’autre, un web « plus personnel, plus humain, où nos réseaux d’amis, de collègues, de proches, de membres de notre famille sont notre première source d’information, tel que cela existe dans le monde réel« .
La philosophie de Facebook est donc de favoriser le développement d’un web dominé par l’intuitu personae et cette dynamique ne se limite pas au réseau social en particulier. En effet, dans cette dimension personnelle, Facebook se conçoit plus comme un lieu d’ancrage des activités – même extérieures – de ses membre sur Internet. On comprend ainsi mieux ce qui a poussé la firme de Palo Alto à développer Facebook Connect et Open Stream.De cette façon, la communauté Facebook est injectée minutieusement partout sur Internet au delà des frontières propres de Facebook.com, de manière à référencer en son sein tous les relais extérieurs sur lesquels elle est implantée.
Certains tels que M.Vogelstein pourraient y reconnaitre une approche à la Google Adsense. De là à prédire une victoire de David contre Goliath? Pas si sûr d’après un directeur haut placé chez Google cité dans Wired: » si [Facebook] trouvait soudainement un moyen de monétiser son audience, il est certain que cela nous poserait un problème. Mais ce n’est pas prêt d’arriver. »
Au final il semble important de retenir de tout ceci que Facebook ne doit plus seulement être considéré comme un réseau social mais bien comme un nouveau média à part entière, véritable canal de communication qui fait du lien personnel le meilleur critère de recherche et de pertinence.
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P.S: Qu’est-ce que Wired? Wired est un mensuel américain qui traite des nouvelles technologies de façon large. C’est le magazine de référence en la matière. Incontournable et d’une qualité vraiment surprenante. C’est en lisant ce type de magazine que l’on comprend à quel point on a plus de moyens quand on a un marché intérieur de 300 millions de personnes.
The Social Network – I’m CEO Bitch
« I’m CEO, bitch » (en français: « je suis PDG, salope ») c’est ce que Mark Zuckerberg avait fait inscrire sur ses cartes de visite au tout début de la création de Facebook.
C’est tout du moins ce qu’affirme Ben Mezrich dans son ouvrage controversé The accidental billionaires (The founding of Facebook, a tale of sex, money, genius and betrayal) paru en juillet dernier et que j’ai eu le plaisir de lire cet été pendant mes vacances.
Controversé, car Facebook et Mark Zuckerberg ont refusé de participer de près ou de loin à l’élaboration de ce que son auteur qualifie lui même de « Tale » soit conte. Pour se plonger dans The Accidental Billionaires il faut donc accepter l’idée que les faits relatés peuvent ne pas être tout à fait exacts ni même tout à fait sincères dans la mesure où les contributeurs de ce conte sont majoritairement des anciens étudiants d’Harvard qui en veulent à Zuckerberg.
Qu’en retenir donc?
Tout d’abord, il convient de relativiser sur l’aspect accidentel de la création de Facebook. En effet, Facebook c’est avant tout un génie qui à déjà 19 ans déclinait une offre de Microsoft de 2 millions de dollars après s’être fait remarquer pour avoir créé un programme appelé Synapse qui permettait de reconnaitre les goûts musicaux d’un auditeur et ensuite de créer des playlists sur mesure.
Un génie certes, mais un génie asocial, peu loquace, mal à l’aise, regardé avec méfiance par des étudiants d’un Harvard dominé par une élite fortunée, brillante socialement, intellectuellement et sportivement.
C’est dans ce cadre et à la fin d’une soirée où une fille lui aurait posé un lapin que Mark Zuckerberg aurait regagné sa chambre du campus, se consolant avec un pack de bière Beck’s, bien décidé à prendre sa revanche sur une gente féminine décidemment peu avenante à son égard. De cette déception est né Facemash, sorte de Hot or Not (canon ou pas canon) où Zuckerberg proposait à ses camarades d’Harvard d’établir un classement des filles les plus et les moins jolies. Alimenté par les facebooks (trombinoscopes) des différentes résidences du campus qu’il avait hackés (on notera au passage qu’au fur et à mesure de son travail, Zuck indiquait sur son blog en temps réel les différentes étapes de sa progression et décrivait toutes les sécurités qu’il parvenait à contourner; Ben Mezrich reprend donc ainsi des extraits des propres propos de Zuckerberg), Facemash attirera dans une premier temps beaucoup d’ennuis à Zuckerberg.
Mark n’avait en effet pas anticipé le succès de sa dernière trouvaille. Afin de tester Facemash, il envoya des liens à quelques amis. Quelle fut sa surprise lorsqu’il s’aperçut qu’en une vingtaine de minutes plus de 20 000 votes avaient déjà été comptabilisés. Facemash avait déjà fait le tour du campus et déchaîné les foudres des associations féministes et de l’administration d’Harvard.
C’est de façon surprenante cette gaffe monumentale qui faillit lui coûter sa place à Harvard qui lui permit de faire une rencontre charnière dans sa vie. En effet, ceux que l’on pourrait qualifier de stars du campus; les athlétiques et riches frères Winklevoss qui travaillaient sur HarvardConnect (qui deviendra plus tard ConnectU), un projet de réseau social Internet, étaient à la recherche d’un « geek » capable de faire progresser rapidement le développement de leur site. C’est tout naturellement qu’ils se sont rapprochés de ce hacker qui faisait les gros titres du journal d’Harvard, le Harvard Crimson. Pendant quelques semaines Zuckerberg et les deux frères travaillent ensemble. Mark se dit rapidement très occupé, manque plusieurs rendez-vous de travail. Jusqu’au jour où parait thefacebook (qui mentionne en bas de chaque page un fier « a Mark Zuckerberg production« ) un concept qui selon les frères Winklevoss rejoint de trop près HarvardConnect. Vexés, humiliés de s’être faits avoir par un quelqu’un qu’ils voyaient comme un petit geek asocial de première année sans allure, ils entament alors une série de poursuites qui jusqu’à ce jour n’est toujours pas terminée.
De son côté thefacebook séduit les étudiants d’Harvard qui s’y inscrivent de façon unanime. A la fin de l’année, thefacebook s’ouvre aux principales universités des USA. Zuckerberg commence à recruter puis décide de quitter là côte Est pour la Californie où il prend en location une maison dans laquelle lui et ses amis travaillent, font la fête et dorment quelquefois.
La suite est bien connue. Thefacebook devient Facebook et se propage à une vitesse surprenante. La vie de Zuckerberg et de ses amis est maintenant rythmée par la création du tag des photos, des newsfeed, par les levées de fonds qui permettent de recruter toujours plus de personnel. Les caps des 50 puis des 100 millions de membres sont franchis.
S’il est nécessaire de prendre une certaine distance vis à vis de The accidental billionnaires, on appréciera la description de la vie sur le campus d’Harvard. On y trouve des situations assez cocasses mais aussi une description surprenante-mais relayée par beaucoup d’autres sources- de la personnalité du « CEO », capable de passer des journées et des nuits entières sur son PC sans rien boire ni manger, ne répondant preque pas lorsqu’on lui parle et prêt à tout pour protéger son entreprise quitte à sacrifier ses amis.
Le procès des frères Winklevoss a finalement abouti en 2009 à une condamnation de Mark Zuckerberg à verser une somme proche de 65 millions de dollars en actions de la société Facebook Inc. aux fondateurs de ConnectU. Ce verdict peut paraître assez généreux et à vrai dire quand on voit ce que donne www.connectu.com on comprend à quel point Facebook est une réussite!
Lire la critique du New York Times.
The Accidental Billionaires (The founding of Facebook, a tale of sex, money, genius and betrayal), Ben Mezrich, Doubleday, 2009.
Version française: La revanche d’un solitaire – La véritable histoire du fondateur de Facebook , traduction de Lucie Delplanque, Max Milo, 2010.
The Social Network, David Fincher, 2010