Archives d’un auteur

Gullivearth en quelques mots.

Gullivearth c’est quoi?

C’est le guide des étudiants internationaux qui s’échangent leurs bons plans pour préparer leur départ à l’étranger.

Sur les sites et guides touristiques classiques vous trouvez des infos pour choisir un bel hôtel au bord de la mer, un musée à visiter…très bien! Mais un étudiant Erasmus qui part vivre à l’étranger se pose des questions très différentes telles que:  comment vais-je me trouver un logement? comment va être la vie sur le campus de mon université?

Gullivearth c’est des milliers de témoignages d’étudiants qui répondent à toutes ces questions.

C’est aussi des offres adaptées aux besoins des étudiants avec par exemple l’accès aux billets d’avions les moins chers!GullivearthDéveloppé  par notre équipe d’anciens étudiants Erasmus, Gullivearth a ouvert fin octobre 2009 en version Beta-test. Plein d’améliorations vont être apportées au site début 2010. Vous pourrez bientôt importer toute votre communauté Facebook sur Gullivearth.

Bonnes fêtes de fin d’année et à très bientôt sur Gullivearth.com. « Share as you go »!!

Qui se cache derrière Gullivearth.com?

L'équipe de Gullivearth.comL’équipe qui se cache derrière Gullivearth.com, sans oublier nos stagiaires adorés: Dana, Claire, Wissem, Berek et Rokhaya!

Le Système Grec : Les « fraternities » ou confréries américaines, pourquoi vous voulez absolument les rejoindre !

Un étudiant américain de UCLA livre à Gullivearth un témoignage sur le phénomène des fraternités des campus américains.

frat« Alpha, Beta, Gamma, Delt euh…euh…hum…C’est à peu près tout ce dont les étudiants Américains qui ne sont pas membres du Système Grec se souviennent lorsqu’ils essaient de se remémorer l’alphabet grec. Reviennent également les bizutages auxquels vous êtes soumis en tant que nouveau promettant (pour ceux d’entre vous qui ne sont pas familiers de la promesse : le promettant ou « pledge »est le nom qui désigne la personne qui cherche à rejoindre une fraternité  et à en devenir officiellement membre  en passant un trimestre entier d’interviews et de tests).  Vous devez également mémoriser mot à mot les longues listes vieilles d’un siècle de principes fondateurs de la fraternité que vous souhaitez rejoindre, en plus des faits historiques aussi insignifiants qu’obscurs qu’il vous faudra connaître. Chaque fraternité le fait à sa façon. Chaque fraternité a ses secrets, ses légendes et ses mythes. Vous ne pouvez les connaitre qu’en les découvrant par vous-même. Les  histoires les plus horribles et obscures circulent hors des murs de la fraternité, au-delà des limites des villes et des pays, sur ce que les frères ont à faire pour rejoindre une fraternité.

Et honnêtement on n’est pas si loin que ça de la réalité. On parle d’histoires allant d’un hamster à devoir étrangler à mains nues jusqu’à le faire mourir, de l’obligation de sauter du toit d’une maison pour voir si l’on en réchappe, jusqu’à devoir se livrer à des relations « intimes » avec une chèvre. Mais les histoires sont les histoires et c’est pourquoi j’aimerais distinguer mythe et réalité.

frat 2 Etre membre d’une fraternité signifie plus que participer à des beuveries (le fameux « keg stand ») jusqu’à n’en plus pouvoir, même si cela fait aussi parti du jeu. Le « Keg stand » est défini par urbandictionnary.com comme « un maintien en équilibre sur les mains sur un tonneau. L’action d’engloutir de grosses quantités d’alcool dans une position renversée tout en étant entouré de salves d’encouragements »

Plus sérieusement, une fraternité est en fait une bande de « frères » vivant et étudiant ensemble. Mais le réseau que vous développez en rejoignant une fraternité dépasse de loin votre petit groupe d’amis. La plupart des fraternités ont d’énormes réseaux de contacts et d’anciens partout dans le pays. Ils peuvent non seulement vous mettre en contact avec d’autres frères sur l’ensemble du territoire qui désirent volontiers apporter toute leur aide à un frère, mais également vous recommander auprès d’anciens bien placés sur le marché du travail qui seront en mesure de vous aider en vous donnant des conseils utiles et ceci afin d’obtenir le poste dont vous rêvez. Donc si vous recherchez du travail aux USA cela serait particulièrement judicieux de votre part de rejoindre une fraternité.

Il y a bien une raison pour que tous les présidents des Etats Unis aient été membres d’une fraternité. A côté des énormes fêtes, de la pléthore de filles, des bus à bière, des voyages spontanés à Vegas et des évènements sportifs, il existe un programme sérieux et authentique qui vous apprend à vous comporter en toute circonstance et sous une forte pression. C’est vraiment américain dans la mesure où ça apprend aux garçons à devenir des hommes dans une approche qui met en avant les valeurs de leadership, d’indépendance, d’individualisme autant que de fraternité. Vous aurez l’occasion de l’apprendre au cours des rendez-vous hebdomadaires. Le seul fait d’être en permanence imprégné d’une communauté de pairs aussi large vous apprend à vous adapter à une multitude de personnalités (les campus moyens des universités avec des Systèmes Grecs prospères comportent généralement de 30 à 100 personnes par fraternité, dont la plupart vivent ensemble dans une maison énorme). C’est un groupe humain constamment stimulé, où se présentent chaque jour de nouvelles opportunités, qui s’amuse et qui travaille toujours ensemble. Evidemment cela va occuper une grande part de votre temps, en fait plus ce sera le cas mieux ce sera pour vous.

Enfin…rejoindre une fraternité est le meilleur moyen de découvrir la culture étudiante américaine et de vous sortir de votre groupe d’étudiants internationaux. Vous allez apprendre beaucoup plus que vous ne l’imaginez. Avant d’arrêter votre choix sur un campus américain où étudier, vérifiez s’il comporte ou pas un système grec. Même si vous n’y restez que pour un trimestre, c’est déjà largement suffisant pour bien vous intégrer.

Dix fois plus d’étudiants Erasmus d’ici 2020 !

Le 8 juillet dernier, la commission des communautés Européennes a publié un Livre Vert intitulé « Promouvoir la mobilité des jeunes à des fins d’apprentissage ». Ce Livre Vert destiné à recueillir des recommandations afin de faciliter les échanges des jeunes au sein de l’Union Européenne fait suite au rapport du Forum d’experts de haut niveau sur la mobilité intitulé « Faire de la mobilité pour l’apprentissage une opportunité pour tous ». Ce rapport fixe plusieurs objectifs qui vont permettre d’accroître considérablement les échanges étudiants en Europe.

L'auberge espagnole

Romain Duris dans l'Auberge Espagnole.

Rappelons tout d’abord que pour l’heure et même si l’image de l’étudiant Erasmus est devenue très populaire et connue du plus grand nombre – notamment grâce au film de Cédric Klapisch, l’Auberge Espagnole sorti en 2002- ce sont seulement de 200 à 300 000 étudiants qui chaque année quittent leur pays pour étudier dans un autre pays de l’UE. Cela correspond à 10% des flux mondiaux totaux actuels (en 2008, 2.9 millions  d’étudiants partout dans le monde ont tenté l’expérience des études à l’étranger, selon l’Institute of International Education).

L’objectif à long terme fixé par le rapport est de faire de « la mobilité pour l’apprentissage la règle plutôt que l’exception, comme c’est le cas aujourd’hui ». Ceci passe par des objectifs chiffrés : de 300 000 jeunes participants en 2008 à 900 000 en 2012, à 1 800 000 en 2015 et 2 900 000 en 2020, soit dix fois plus qu’actuellement !

Comment assurer un tel accroissement des échanges en une douzaine d’années ? Le premier frein identifié est lié aux procédures que l’UE souhaite ainsi simplifier en renforçant l’implication des structures éducatives, des acteurs commerciaux et des autorités régionales et locales.

DSC00254D’autre part, le rapport identifie des actions prioritaires venant servir les « objectifs ambitieux » ainsi définis. On peut notamment citer le développement des réseaux d’universités afin de « promouvoir et benchmarker un choix large entre les différents programmes d’échanges des universités ». Est également recommandé le développement des réseaux d’anciens Erasmus et réseaux d’étudiants.

L’accent est également mis sur les opportunités liées aux échanges virtuels qui permettent une bonne préparation de son départ, il conviendrait donc d’assurer « la promotion de plateformes virtuelles permettant à toutes les écoles d’être connectées entre elles».

La préparation du départ des étudiants constitue le point clef de la réussite d’un échange selon le Livre Vert qui indique qu’

« une bonne préparation est indispensable à la réussite de l’expérience de mobilité des apprenants, et elle doit être au cœur de tout projet ou programme […] Les jeunes doivent pouvoir accéder aux informations sur les options envisageables, connaitre les dispositifs de financement et bénéficier de conseils pour orienter leur choix et répondre aux questions d’ordre pratique« 

Toutefois sont pointées du doigt les faiblesses actuelles :

« Malgré l’utilité des initiatives d’information actuelles, il apparaît clairement que les outils ou programmes existants restent mal connus et qu’il n’existe pas de vision globale des possibilités en matière de mobilité des jeunes et des aides y afférentes. Il convient d’améliorer l’actualisation de l’information et d’en faciliter l’accès »

Gullivearth est tout entier dévoué à cette cause !

Les nouvelles ambitions des étudiants internationaux.

Selon l’article des « Echos » du 2 mars 2009 intitulé Erasmus : moins d’étudiants, plus de stagiaires on assisterait en 2007 d’une part à une faible diminution du nombre d’étudiants participant aux accords d’échanges universitaires européens avec un recul de 1,85 % du nombre de français partant à l’étranger et d’autre part à une forte croissance (+25% sur un an) du nombre de français se rendant à l’étranger pour effectuer un stage. 

Ces chiffres doivent toutefois être nuancés. D’abord les français-stagiaires internationaux de 2007 ne représentent que 3 389 étudiants contre 22 556 pour ce qui est des étudiants suivant un cursus universitaire d’échange européen. Le recours au stage est en croissance, mais dans des proportions limitées. 

Afin d’y voir plus clair, il convient en premier lieu de préciser le contexte organisationnel de la mobilité étudiante. Il existe deux types d’étudiants internationaux: les courageux, bénéficiant de l’organisation d’un programme d’échange bilatéral entre universités (type Erasmus en Europe) et les quasi-héroïques qui se lancent dans leur échange international sans le moindre encadrement. Pour donner une idée des proportions, Erasmus c’est moins de 160 000 étudiants au niveau européen par an contre 2,9 millions d’étudiants internationaux au niveau mondial (sources : Commission Européenne et Institute of International Education). 

Sortir du cadre européen Erasmus est ainsi indispensable pour bien comprendre la dynamique de la mobilité internationale des étudiants. Loin d’assister à un déclin de cette dernière, on constate au contraire une forte croissance de 7,5% du nombre d’étudiants internationaux partant faire leurs études à l’étranger dans le monde entre 2007 et 2008. Cette croissance constante depuis une vingtaine d’années ne fait que souligner le besoin d’encadrement grandissant d’étudiants d’origines encore plus variées, se rendant dans des destinations toujours plus exotiques et dans un but qui ne se limite plus exclusivement au cursus universitaire. Cette complexification de la mobilité internationale se traduit notamment par le fait que la dynamique d’échanges intra-européens traditionnels entame une phase de relative stagnation.

Facebook est profitable! mais…

Dans un billet posté le 15 septembre, Mark Zuckerberg annonce que Facebook devient rentable avec un Free Cash Flow positif au deuxième trimestre 2009. Ceci est évidemment une très bonne nouvelle pour Facebook qui parvient enfin à équilibrer son activité alors même que ses dépenses n’ont jamais été aussi importantes, la communauté regroupant maintenant 300 millions de membres. L’information a vite été relayée dans la presse notamment avec le Figaro d’aujourd’hui qui y consacre un article intéressant.

Niveau chiffre d’affaires, le quotidien français cite un des membres du board de Facebook, Marc Andreessen, qui annonce 500 millions de dollars pour 2009. Quelle est la performance de la société de Mark Zuckerberg par rapport à son ex-grand rival qu’est Myspace? Par rapport à des communautés spécialisées telles que TripAdvisor(la communauté des voyageurs)?CA par membre

Les chiffres ci-dessus sont faciles à interpréter: le meilleur indicateur pour mesurer la capacité d’une communauté à tirer profit de son audience est le chiffre d’affaires généré par membre. Concrètement :Combien d’argent rapporte chaque membre inscrit sur le réseau.

En passant de Facebook (à gauche) à TripAdvisor (à droite), on passe d’une communauté généraliste à une communauté spécialisée.Le CA/membre n’est pas le même et ceci prouve bien qu’il est plus difficile pour une communauté généraliste de monétiser son audience tant les profils et besoins de ses membres sont variés et complexes à appréhender efficacement.

La France et le numérique.

J’ai assisté hier au colloque « Numérique: investir aujourd’hui pour la croissance de demain » organisé par la secrétaire d’Etat chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet. L’objectif affiché de ce séminaire était de réfléchir,aux côtés de spécialistes, aux priorités nationales du développement du numérique  en France et ceci autour de trois axes principaux:

1) Infrastructures et réseaux: assurer le développement de l’ensemble du territoire grâce aux réseaux et services numériques.

2)Logiciels et services: renforcer la compétitivité des entreprises françaises.

3)Partimoine et industries culturelles: valoriser les contenus et les rendre accessibles au plus grand nombre grâce au numérique.

Les 5 heures de débats sont apparues assez surprenantes tant chacun des ministres présents semblait principalement motivé par la perspective d’obtenir des fonds du grand emprunt national pour son budget. En effet Michel Rocard et Alain Juppé qui président la Commission chargée d’identifier les priorités de l’emprunt national assistaient à l’évènement et se sont dits conscients du besoin d’investissement en la matière. Une opération séduction un peu surfaite dans la mesure où, comme l’a rappelé François Fillon lors de son discours de clôture, c’est bien évidemment le chef du gouvernement lui même qui « décidera en dernier ressort » de l’affectation des fonds du grand emprunt.

Pour le gouvernement la priorité est donc la couverture de la France en réseau très haut débit, avec un budget blogal de 30 à 40 milliards d’euros et dont les modalités de financement ne sont pas encore très précises.

Frédéric Mitterrand, Michel Mercier, Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Novelli et François Fillon.

Frédéric Mitterrand, Michel Mercier, Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Novelli et François Fillon.

Sur le plan de l’entrepreneuriat et du développement des start-up françaises, le débat s’articulait principalement autour des raisons du succès américain et de la faiblesse de l’Europe en la matière. On notera l’intervention assez éloquente de Marc Simoncini, PDG fondateur de Meetic.com qui a comparé le développement de sa société à celui de son rival Match.com. Selon lui Match et Meetic sont ex-aequo avec 1 million d’adhérents.

Pourtant pour parvenir à un tel résultat, Meetic a dû développer 16 sites en Europe, dans 13 langues et a été confronté à 6 devises différentes. De son côté, Match avait un seul et unique site qui se satisfaisait du marché américain.  Simoncini considère métaphoriquement que pendant qu’il courait son 110 mètres haies, Match n’était confronté qu’à un 110 mètre plat. Pour toutes ces raisons il affirme haut et fort que si cela était à refaire il s’implanterait d’abord aux USA. Face à cette déclaration, j’ai trouvé les intervenants un peu résignés, préférant changer de sujet rapidement. François Fillon a toutefois déclaré espérer qu’un jour une entreprise numérique française parvienne au même succès que Google. Quelle ambition!

Facebook = David contre Go…ogle!

Wired juillet 2009

Wired juillet 2009

A ma gauche nous trouvons Google. Le leader mondial des moteurs de recherche avec plus de 65% de parts de marché. 20 000 personnes. 111 milliards de dollars de valorisation boursière (à ce jour). 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel en 2008. 4 milliards de résultat net.GoogleA ma droite, Facebook, le réseau social créé en 2004. Si Facebook est un poids lourd de l’audience avec 250 millions de membres, il en est tout autre en matière financière: en 2008  le réseau social aurait réalisé un chiffre d’affaires de 275 millions de dollars et aurait en plus investi 75 millions de dollars pour au final être toujours déficitaire. 900 personnes.facebookFacebook contre Google c’est donc un match un peu paradoxal mais comparable à l’affrontement de David contre Goliath.

Paradoxal car a priori on serait tenté de croire que l’un et l’autre, jouant sur deux terrains très différents, moteur de recherche et réseau social, n’ont pas de raison particulière de s’en vouloir.

Pourtant, un article paru dans le Wired de juillet 2009 écrit par Fred Vogelstein intitulé « The great wall of Facebook »  souligne la rivalité très forte qui anime Facebook et Google.

Par exemple, aux dires d’ un ancien ingénieur de Facebook, lorsqu’il s’agissait de concurrence, « personne chez Facebook ne parlait de Myspace ou des autres réseaux sociaux. On parlait seulement de Google« . Le leitmotiv était: « Tout ce que Google fait, nous pouvons le faire en mieux« .

Si Facebook a pour le moment de réels problèmes à monétiser son audience, il n’empêche que son succès auprès du public est incontestable: 4 milliards d’informations échangées, 850 millions de photos et 8 millions de vidéos uploadées chaque mois. Une ampleur telle qu’elle pousse Fred Vogelstein à qualifier Facebook de « second Internet, un Internet qui inclue les données les plus personnelles des utilisateurs et qui se trouve entièrement sur les serveurs de Facebook« .

Facebook est ainsi en train d’imposer un nouveau modèle d’organisation des données dans un monde jusque là dominé par Google. Car entre Facebook et Google c’est deux visions bien distinctes qui s’opposent.

D’un côté les « algorithmes de Google, des équations rigoureuses et efficaces qui analysent  chaque octet d’activité enligne pour construire un atlas impartial du monde virtuel« .

De l’autre, un web « plus personnel, plus humain, où nos réseaux d’amis, de collègues, de proches, de membres de notre famille sont notre première source d’information, tel que cela existe dans le monde réel« .

La philosophie de Facebook est donc de favoriser le développement d’un web dominé par l’intuitu personae et cette dynamique ne se limite pas au réseau social en particulier. En effet, dans cette dimension personnelle, Facebook se conçoit plus comme un lieu d’ancrage des activités – même extérieures – de ses membre sur Internet. On comprend ainsi mieux ce qui a poussé la firme de Palo Alto à développer Facebook Connect et Open Stream.De cette façon, la communauté Facebook est injectée minutieusement partout sur Internet au delà des frontières propres de Facebook.com, de manière à référencer en son sein tous les relais extérieurs sur lesquels elle est implantée.

Certains tels que M.Vogelstein pourraient y reconnaitre une approche à la Google Adsense. De là à prédire une victoire de David contre Goliath? Pas si sûr d’après un directeur haut placé chez Google cité dans Wired:  » si [Facebook] trouvait soudainement un moyen de monétiser son audience, il est certain que cela nous poserait un problème. Mais ce n’est pas prêt d’arriver. »

Au final il semble important de retenir de tout ceci que Facebook ne doit plus seulement être considéré comme un réseau social mais bien comme un nouveau média à part entière, véritable canal de communication qui fait du lien personnel le meilleur critère de recherche et de pertinence.

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P.S: Qu’est-ce que Wired? Wired est un mensuel américain qui traite des nouvelles technologies de façon large. C’est le magazine de référence en la matière. Incontournable et d’une qualité vraiment surprenante. C’est en lisant ce type de magazine que l’on comprend  à quel point on a plus de moyens quand on a un marché intérieur de 300 millions de personnes.

The Social Network – I’m CEO Bitch

The accidental billionaires« I’m CEO, bitch » (en français: « je suis PDG, salope ») c’est ce que Mark Zuckerberg avait fait inscrire sur ses cartes de visite au tout début de la création de Facebook.

C’est tout du moins ce qu’affirme Ben Mezrich dans son ouvrage controversé The accidental billionaires (The founding of Facebook, a tale of sex, money, genius and betrayal) paru en juillet dernier et que j’ai eu le plaisir de lire cet été pendant mes vacances.

Controversé, car Facebook et Mark Zuckerberg ont refusé de participer de près ou de loin à l’élaboration de ce que son auteur qualifie lui même de « Tale » soit conte. Pour se plonger dans The Accidental Billionaires il faut donc accepter l’idée que les faits relatés peuvent ne pas être tout à fait exacts ni même tout à fait sincères dans la mesure où les contributeurs de ce conte sont majoritairement des anciens étudiants d’Harvard qui en veulent à Zuckerberg.

Qu’en retenir donc?

Tout d’abord, il convient de relativiser sur l’aspect accidentel de la création de Facebook. En effet, Facebook c’est avant tout un génie qui à déjà 19 ans déclinait une offre de Microsoft de 2 millions de dollars après s’être fait remarquer pour avoir créé un programme appelé Synapse qui permettait de reconnaitre les goûts musicaux d’un auditeur et ensuite de créer des playlists sur mesure.

Un génie certes, mais un génie asocial, peu loquace, mal à l’aise, regardé avec méfiance par des étudiants d’un Harvard dominé par une élite fortunée, brillante socialement, intellectuellement et sportivement.

C’est dans ce cadre et à la fin d’une soirée où une fille lui aurait posé un lapin que Mark Zuckerberg aurait regagné sa chambre du campus, se consolant avec un pack de bière Beck’s, bien décidé à prendre sa revanche sur une gente féminine décidemment peu avenante à son égard. De cette déception est né Facemash, sorte de Hot or Not (canon ou pas canon) où Zuckerberg proposait à ses camarades d’Harvard d’établir un classement des filles les plus et les moins jolies. Alimenté par les facebooks (trombinoscopes) des différentes résidences du campus qu’il avait hackés (on notera au passage qu’au fur et à mesure de son travail, Zuck indiquait sur son blog en temps réel les différentes étapes de sa progression et décrivait toutes les sécurités qu’il parvenait à contourner; Ben Mezrich reprend donc ainsi des extraits des propres propos de Zuckerberg), Facemash attirera dans une premier temps beaucoup d’ennuis à Zuckerberg.

Mark n’avait en effet pas anticipé le succès de sa dernière trouvaille. Afin de tester Facemash, il envoya des liens à quelques amis. Quelle fut sa surprise lorsqu’il s’aperçut qu’en une vingtaine de minutes plus de 20 000 votes avaient déjà été comptabilisés. Facemash avait déjà fait le tour du campus et déchaîné les foudres des associations féministes et de l’administration d’Harvard.

C’est de façon surprenante cette gaffe monumentale qui faillit lui coûter sa place à Harvard qui lui permit de faire une rencontre charnière dans sa vie. En effet, ceux que l’on pourrait qualifier de stars du campus; les athlétiques et riches frères Winklevoss qui travaillaient sur HarvardConnect (qui deviendra plus tard ConnectU),  un  projet de réseau social Internet, étaient à la recherche d’un « geek » capable de faire progresser rapidement le développement de leur site. C’est tout naturellement qu’ils se sont rapprochés de ce hacker qui faisait les gros titres du journal d’Harvard, le Harvard Crimson.  Pendant quelques semaines Zuckerberg et les deux frères travaillent ensemble. Mark se dit rapidement très occupé, manque plusieurs rendez-vous de travail. Jusqu’au jour où parait thefacebook (qui mentionne en bas de chaque page un fier « a Mark Zuckerberg production« ) un concept qui selon les frères Winklevoss rejoint de trop près HarvardConnect. Vexés,  humiliés de s’être faits avoir par un quelqu’un qu’ils voyaient comme un petit geek asocial de première année sans allure, ils entament alors une série de poursuites qui jusqu’à ce jour n’est toujours pas terminée.

De son côté thefacebook séduit les étudiants d’Harvard qui s’y inscrivent de façon unanime. A la fin de l’année, thefacebook s’ouvre aux principales universités des USA. Zuckerberg commence à recruter puis décide de quitter là côte Est pour la Californie où il prend en location une maison dans laquelle lui et ses amis travaillent, font la fête et dorment quelquefois.

La suite est bien connue. Thefacebook devient Facebook et se propage à une vitesse surprenante. La vie de Zuckerberg et de ses amis est maintenant rythmée par la création du tag des photos, des newsfeed, par les levées de fonds qui permettent de recruter toujours plus de personnel. Les caps des 50 puis des 100 millions de membres sont  franchis.

S’il est nécessaire de prendre une certaine distance vis à vis de The accidental billionnaires, on appréciera la description de la vie sur le campus d’Harvard. On y trouve des situations assez cocasses mais aussi une description surprenante-mais relayée par beaucoup d’autres sources- de la personnalité du « CEO », capable de passer des journées et des nuits entières sur son PC sans rien boire ni manger, ne répondant preque pas lorsqu’on lui parle et prêt à tout pour protéger son entreprise quitte à sacrifier ses amis.

Le procès des frères Winklevoss a finalement abouti en 2009 à une condamnation de Mark Zuckerberg à verser une somme proche de 65 millions de dollars en actions de la société Facebook Inc. aux fondateurs de ConnectU. Ce verdict peut paraître assez généreux et à vrai dire quand on voit ce que donne www.connectu.com on comprend à quel point Facebook est une réussite!

Lire la critique du New York Times.

The Accidental Billionaires (The founding of Facebook, a tale of sex, money, genius and betrayal), Ben Mezrich, Doubleday, 2009.

Version française: La revanche d’un solitaire – La véritable histoire du fondateur de Facebook , traduction de Lucie Delplanque, Max Milo, 2010.

The Social Network, David Fincher, 2010

Pourquoi le nom Gullivearth?

gulliver's travels Pourquoi avoir choisi le nom GullivEarth?

C’est une allusion au voyageur très connu imaginé par Jonathan Swift dans son roman Gulliver’s travels écrit en 1721.

Dans ce roman connu dans le monde entier, le docteur Lemuel Gulliver raconte ses péripéties dans des mondes fantastiques où il rencontre des civilisations imaginaires: que cela soit des êtres minuscules (à Lilliput) ou au contraire des géants (à Brobdingnag).

Gulliver est ainsi la figure classique du voyageur. A son image, les étudiants internationaux se retrouvent souvent complètement perdus dans des mondes et des cultures qu’ils ne comprennent pas forcément.

Le jeu de mot transformant le « er’s » du titre original en anglais en « earth » introduit enfin la dimension mondiale du guide GullivEarth.

Pour l’anécdote, à l’instar de Jonathan Swift, j’ai fréquenté l’université de Trinity College Dublin et c’est pendant mes études là-bas que l’idée de GullivEarth m’est venue.

Enfin, ce n’est pas la première fois que Swift et son docteur Gulliver inspirent des créateurs de sites Internet. Saviez-vous par exemple que le nom « Yahoo » du célèbre moteur de recherche est en fait le nom d’un peuple de créatures sauvages, les yahoos, que le docteur Gulliver est amené à rencontrer dans ses périples

Autant de  bonnes raisons pour choisir ce nom!

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