Gullivearth.com dans Le Figaro du 12/07/2010
Des étudiants
parfois perdus en terra incognita
L’ELDORADO n’est pas toujours promis aux étudiants partant parfaire leur cursus universitaire à l’étranger. En souvenir d’embûches et de galères dressées dans son propre parcours Erasmus, Emmanuel Longin, 26 ans, a créé gullivearth.com, un site communautaire visant à constituer un guide interactif pour permettre «d’échanger et de témoigner de ses expériences».
Selon lui, les difficultés sont multiples : «L’étudiant a un statut particulier qui n’en fait ni un touriste, ni un résident permanent. Au manque d’informations au départ s’ajoutent très vite des problèmes pratiques : logement, meilleur choix de téléphonie mobile, possibilité de trouver un petit boulot. Pour cela, le guide du routard n’aide pas beaucoup…»
Un défi d’intégration
Un point de vue que partage avec quelques nuances Samuel, 24 ans, relatant sa propre expérience Erasmus en Allemagne il y a quelques années. «J’ai eu beaucoup de chance, mon université d’accueil possédait des logements spéciaux pour les étudiants en mobilité. Les autres étudiants étrangers m’ont ensuite aidé pour les problèmes administratifs.» Le revers de la médaille d’une telle structure est que les rencontres avec les étudiants autochtones sont plus difficiles. « En six mois, j’ai rencontré des étudiants de toute l’Europe… sauf des Allemands, paradoxalement », ajoute Samuel.
Un étudiant débarquant à l’étranger serait-il confronté à un vrai défi d’intégration sociale? Emmanuel Longin acquiesce. «De plus, il s’agit généralement d’étudiants jeunes, et donc souvent de leur premier voyage de manière autonome. Ils se trouvent catapultés dans une autre société et parfois complètement perdus. » Une situation qui ne rebute pas d’autres candidats Erasmus: «Être confronté à d’autres modes de vie et de culture, n’est-ce pas un peu ce que l’on cherche en quittant son cocon?»
Raphaël ROUX, LE FIGARO, 12/07/2010