Facebook = David contre Go…ogle!

Wired juillet 2009

Wired juillet 2009

A ma gauche nous trouvons Google. Le leader mondial des moteurs de recherche avec plus de 65% de parts de marché. 20 000 personnes. 111 milliards de dollars de valorisation boursière (à ce jour). 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel en 2008. 4 milliards de résultat net.GoogleA ma droite, Facebook, le réseau social créé en 2004. Si Facebook est un poids lourd de l’audience avec 250 millions de membres, il en est tout autre en matière financière: en 2008  le réseau social aurait réalisé un chiffre d’affaires de 275 millions de dollars et aurait en plus investi 75 millions de dollars pour au final être toujours déficitaire. 900 personnes.facebookFacebook contre Google c’est donc un match un peu paradoxal mais comparable à l’affrontement de David contre Goliath.

Paradoxal car a priori on serait tenté de croire que l’un et l’autre, jouant sur deux terrains très différents, moteur de recherche et réseau social, n’ont pas de raison particulière de s’en vouloir.

Pourtant, un article paru dans le Wired de juillet 2009 écrit par Fred Vogelstein intitulé « The great wall of Facebook »  souligne la rivalité très forte qui anime Facebook et Google.

Par exemple, aux dires d’ un ancien ingénieur de Facebook, lorsqu’il s’agissait de concurrence, « personne chez Facebook ne parlait de Myspace ou des autres réseaux sociaux. On parlait seulement de Google« . Le leitmotiv était: « Tout ce que Google fait, nous pouvons le faire en mieux« .

Si Facebook a pour le moment de réels problèmes à monétiser son audience, il n’empêche que son succès auprès du public est incontestable: 4 milliards d’informations échangées, 850 millions de photos et 8 millions de vidéos uploadées chaque mois. Une ampleur telle qu’elle pousse Fred Vogelstein à qualifier Facebook de « second Internet, un Internet qui inclue les données les plus personnelles des utilisateurs et qui se trouve entièrement sur les serveurs de Facebook« .

Facebook est ainsi en train d’imposer un nouveau modèle d’organisation des données dans un monde jusque là dominé par Google. Car entre Facebook et Google c’est deux visions bien distinctes qui s’opposent.

D’un côté les « algorithmes de Google, des équations rigoureuses et efficaces qui analysent  chaque octet d’activité enligne pour construire un atlas impartial du monde virtuel« .

De l’autre, un web « plus personnel, plus humain, où nos réseaux d’amis, de collègues, de proches, de membres de notre famille sont notre première source d’information, tel que cela existe dans le monde réel« .

La philosophie de Facebook est donc de favoriser le développement d’un web dominé par l’intuitu personae et cette dynamique ne se limite pas au réseau social en particulier. En effet, dans cette dimension personnelle, Facebook se conçoit plus comme un lieu d’ancrage des activités – même extérieures – de ses membre sur Internet. On comprend ainsi mieux ce qui a poussé la firme de Palo Alto à développer Facebook Connect et Open Stream.De cette façon, la communauté Facebook est injectée minutieusement partout sur Internet au delà des frontières propres de Facebook.com, de manière à référencer en son sein tous les relais extérieurs sur lesquels elle est implantée.

Certains tels que M.Vogelstein pourraient y reconnaitre une approche à la Google Adsense. De là à prédire une victoire de David contre Goliath? Pas si sûr d’après un directeur haut placé chez Google cité dans Wired:  » si [Facebook] trouvait soudainement un moyen de monétiser son audience, il est certain que cela nous poserait un problème. Mais ce n’est pas prêt d’arriver. »

Au final il semble important de retenir de tout ceci que Facebook ne doit plus seulement être considéré comme un réseau social mais bien comme un nouveau média à part entière, véritable canal de communication qui fait du lien personnel le meilleur critère de recherche et de pertinence.

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P.S: Qu’est-ce que Wired? Wired est un mensuel américain qui traite des nouvelles technologies de façon large. C’est le magazine de référence en la matière. Incontournable et d’une qualité vraiment surprenante. C’est en lisant ce type de magazine que l’on comprend  à quel point on a plus de moyens quand on a un marché intérieur de 300 millions de personnes.

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